Files - When street art meets the gallery

Texte Carine Lucas - Date 4 Juin 2012

Nicolas Laugero Lausserre, fondateur d’Artistik Rezo et directeur de l’Espace Pierre Cardin participe à la reconnaissance du Street Art et des talents émergents, par sa collection qui compte plus de 300 œuvres.

Une partie de sa collection dans laquelle figure les plus grands artistes Street Art sera exposée dans les 400 m2 du Grand Théâtre d’Angers jusqu'au 30 juin 2012, à l’occasion du Festival des arts urbains ARTAQ à Angers. Banksy, Dran, Rero, JR, Miss Tic, Miss Van, Pure Evil, Obey, Space Invader, Speedy Graphito,…

Pouvez-vous vous présenter brièvement pour ceux qui ne vous connaissaient pas?

37 ans, célibataire (!), je dirige l'espace Pierre Cardin a Paris et le média culturel Artistik Rezo. Je me passionne pour l'art urbain depuis de nombreuses années... 

Il parait que jusqu'à vos 21 ans, vous saviez à peine qui était Andy Warhol. Comment alors avez-vous forgé votre culture?

Je dois beaucoup à Pierre Cardin qui m'a donné ma chance très jeune et m'a permis d'évoluer dans ce lieu protéiforme et multi culturel. J'y ai appris beaucoup.

Comment s'est faite votre rencontre avec le milieu du street art?

En arrivant à Paris a 21 ans, je louais un petit appartement dans le quartier de la butte aux cailles dans le 13eme. J'y ai découvert les oeuvres de Miss.tic qui habite le quartier. Cela me fascinait et a été une magnifique porte d'entrée pour l'art.  

Le street art c'est quoi?

J'aime parler aujourd'hui d'art contemporain urbain. Nous sommes dans une aire post street art. Les artistes ont évolué et créent dans la rue mais aussi pour le marché comme tous les autres artistes. Ils ont souvent une forme de travail adaptée pour l'un ou l'autre et gardent une cohérence.

Le street art est avant tout un mouvement underground qui appartient à la rue, quel est donc pour vous l'intérêt d'un collectionneur de street art?

JR a commencé son travail dans la rue avec des collages de photos portant souvent un éclairage sociétal. Cette installation, souvent participative est sa première œuvre, éphémère. La deuxième est la photo de l'installation, sorte d'œuvre pérenne et témoignage de l'installation. La plupart des artistes urbains ont trouvé cette cohérence entre la rue et le marché. C'est aussi le cas d'Invader qui envahit les villes avec les Spaces Invader et ses alias pour le marché ou de Rero à mi chemin entre l'art urbain et l'art conceptuel qui intervient a la fois in situ et sur différents supports dans sa galerie backslash.  

Ces artistes ont souvent commencé dans la rue comme une galerie à ciel ouvert mais ont su se transcender, évoluer, adapter leur travail pour le marché, qui contribue souvent à alimenter financièrement la poursuite de leur travail de rue.

Toujours dans cette dynamique d'art de rue, quelles places ont les galeries dans les motivations de ces artistes?

Les galeries me semblent essentielles au développement des artistes. Elles leur permettent de se détacher dans une certaine mesure des considérations commerciales, aident parfois à la production de nouvelles séries d'œuvres, et pour les plus importantes d'entre elles, représentent les artistes sur le plan international dans les grandes foires.

Il y a cependant des artistes comme Dran, que j'aime particulièrement, qui se refusent à entrer dans ce système et cette marchandisation de l'art. Ce sont des choix que nous devons respecter, dans un sens ou dans un autre.

Quelle est la première et la dernière pièce que vous avez acheté et pourquoi ces choix?

La première une oeuvre de Miss.tic, les dernières une oeuvre de Blek le rat, un historique incontournable du mouvement et de Roa, un jeune belge qui répand sur les murs du monde entier un bestiaire d'animaux géants...

Quels sont vos projets?

J'ai envie de continuer à partager cette passion, à donner envie aux autres de franchir le pas, de se laisser séduire par leur première œuvre d'art...

Nicolas Laugero Lausserre, founder of Artistik Rezo and the director of l’Espace Pierre Cardin, works to recognize street art and its emergent talents, owning a collection that numbers over 300 works.

Part of his collection, which includes some big names in the genre, will be on display in the 400m2 space at the Grand Théâtre d’Angers from May 11 to June 30 as part of the urban arts festival ARTAQ in Angers. Banksy, Dran, Rero, JR, Miss Tic, Miss Van, Pure Evil, Obey, Space Invader, Speedy Graphito…

Can you briefly introduce yourself for those who don’t know you?

37 years old, single (!), I’m the director of the Espace Pierre Cardin in Paris and the cultural media Artistik Rezo. I’ve had a passion for urban art for a long time…

It seems that until you were about 21, you hardly even knew who Andy Warhol was. How can you explain your cultural evolution?

I owe a lot to Pierre Cardin, who took a chance on me when I was very young, letting me evolve in this dynamic and multicultural environment. I learned a lot.

How did you first discover street art?

When I moved to Paris at 21 I rented a little apartment in the Butte aux Cailles neighbourhood of the 13th Arrondissement. I discovered the works by Miss.tic all over the neighbourhood. I was fascinated – they were a magnificent gateway into art.

What is street art?

I prefer to talk about it as being contemporary urban art. We’re in a post street art era. The artists have evolved – they’re still creating in the street, but are also making work for the market like all other artists. They tend to have a style that is adapted for one or the other while staying consistent.

Street art is by rights an underground movement that belongs to the street. What drives your interest as a collector?

JR started his work in the streets with photo collages that often illuminated social issues. These installations were often participatory and marked his first, temporary, works. The second work is the photo of the installation, a kind of permanent piece that plays witness to the installation. Most urban artists have found this consistency between the street and the market. Look at Invader, who hit cities with his Space Invaders and their allies for the market, or Rero, who is somewhere between urban and conceptual art, who works on the street and on different mediums in his gallery, Backslash.

These artists have often started by using the street as an open air gallery but have been able to transcend, evolve, and adapt their work for the market, which often contributes financially to their work in the streets.

Still focusing on the street art dynamic, what role do galleries play for these artists?

I consider the galleries essential to the development of these artists. Galleries allow the artists to essentially remove themselves from commercial concerns, on occasion hep with the production of new works, and represent the bigger artists on the international stage, in art fairs.

There are still artists like Dran, a personal favourite, who still refuses to join the system and this commoditisation of art. These are choices we have to respect, one way or the other.

What was the first and last piece you bought, and why did you choose them?

The first was a piece by Miss.tic, the latest a piece by Blek le rat, an important name in the history of the movement, and a piece by Roa, a young Belgian artist who is filling walls the world over with tales of giant animals…

What’s your plan for the future?

I want to continue to share this passion, to encourage others to take the plunge and let themselves be captivated by their first work of art…

Catégorie: Art