Files - WAD COVER #12 : Money Issue

Texte Contributor WAD - Date 30 Juillet 2012

Couverture.

 

Photo : MATTHIEU DELUC

 

Chaque semaine, vous découvrirez les couvertures du WAD depuis ses débuts ainsi que leurs éditos. Une manière de retracer l’évolution de notre magazine depuis sa première parution en 1999. On continue avec le numéro #12 datant de l'année 2002. 

 

EDITO

 

C’est fait. On a sauté le pas. Ce qu’on entend tinter au fond de nos poches, ce ne sont plus des Francs mais des Euros. Bientôt, tout cela nous semblera d’une banalité affolante, d’une normalité absolue. La génération de nos parents avait franchi le guet entre l’ancien et le nouveau Franc, la nôtre restera celle de la monnaie unique. Avec en arrière plan l’ouverture des frontières et, on l’espère des esprits.

La mode, elle, a devancé le mouvement depuis longtemps. Elle a franchi des styles et des clans, elle a tout mis dans son énorme shaker. Résultat : les tendances ne se juxtaposent plus, elles se mixent. Les extrêmes ne se côtoient plus, ils se fondent. Le riche et le pauvre ne font souvent plus qu’un. Regardez comment les marque de hautes joaillerie trempent leurs bijoux dans un bain d’inspiration hip-hop : même Chanel ose des pendentifs et des broches en forme de flingue… On croit rêver. Le monde est à la mixité. Et c’est sans limites. On peut très bien porter un sublime manteau Saint-Laurent et une ceinture venue de chez Tati, de chez Emmaüs ou de chez Guérisold. On peut même se marier en portant une paire de baskets. Disons le : le chic absolu peut avoir un look limite clochard ! La mode se porte désormais déchirée, recousue, délavée, retentée, redécoupée. Le très ordinaire sweat d’une université américaine, acheté sur place 5 dollars, peut être totalement re-designé par un styliste en vogue qui va le vendre 500€. Il y a des excès.

De tels excès qu’on a parfois du mal à s’u retrouver. Le luxe et l’urbain se sont rencontrées à la croisée d’une mode moderne et réinventée. Le casual devient chic. Le côté purement street du vêtement est bel et bien dépassé. Les piliers de l’urbanwear ont créé leurs propres modèles hauts de gamme. Quant à la haute couture, elle prend des poses de plus en plus urbaines, sous l’impulsion d’un Gaultier qui fut l’un des premiers à regarder de près ce qui se passe dans la rue. Au fond, l’histoire de la mode est un éternel recommencement : dans les années 50, Dior avait créé le « new look », en soulignant soudain des lignes féminines, et en provoquant un tollé international.

Dans les années 2000, c’est Dior qui bouleverse à son tour la donne avec les audaces qu’on lui connaît. Aujourd’hui, on peut s’habiller très bien pour peu cher et très mal pour très cher. Le tout est de choisir. Mais n’oublions pas non plus que la mode, comme le reste, est un business d’argent. Dans le luxe, il n’est question que de rachats (Gucci et Saint Laurent, entre autres). Les jeunes créateurs, eux, ne travaillent plus dans l’anonymat de leur chambre de bonne, mais ils sont retenus et financés par des groupes importants. La rentabilité est le maître mot, l’argent sert à acheter du rêve. Et s’il ne fait le bonheur, ils fabriquent la mode.


WAD Team

Cover.

 

Photo : MATTHIEU DELUC

 

Each week, you will discover the WAD's covers since its beginning and their editorial. A way to see the evolution of our magazine since its first parution in 1999.

Let's continue with the WAD #12 from 2002.

 

EDITORIAL 

 

It’s done. We’ve leaped into it.
What we hear ringing at the bottom of our pockets are not Francs anymore but Euros. In two months time, nothing will seem more normal, more ordinary. Our parents generation had done it with the change from ancient to new francs. Ours will be the generation of the single currency. Coming up is also the opening of frontiers and, we hope, of mentalities. Fashion had preceded the movement a long time ago. It has crossed the barriers of styles and clans and has put everything together into a giant shaker. Result: trends de not only stand side by side, they mix.


Extremes are not only in contact, they fuse. The rich and the poor are often the same. Look at how luxury jewelry brands get their inspiration from hip-hop gear: even Chanel dares pendants and pins shaped like guns… Are we dreaming? The melting pot is in. And without any limits. You can perfectly wear a magnificent YSL coat with a belt from Tati, Emmaüs or Guérisold. You can even get married wearing trainers. Let’s face it: the absolute chic can have a tramp like look! Fashion today is worn torn, sewn up, washed out, tie-dyed, cut out. The very ordinary US campus sweatshirt, bought for 5 dollars, may be totally re-designed by trendy designers who will sell it for 500 Euros. These are excesses. Such excesses that sometimes we don’t know where we’re going. Luxury and urban have met at the turn of a modern and re-invented fashion. Casual is becoming chic. The idea of clothes being 100% street has gone. The shooting sticks of urbanwear have created their own top quality models. As for Haute Couture, it is taking an urban twist thanks to Gaultier who was one of the first to look closely at what goes on in the street. In the end, fashion history is an eternal cycle: In the 1950’s, Dior created the « new look » and suddenly underlined feminine features, provoking international dismay.

In the year 2000, it is Dior’s turn again to upset everything with its audacity.  Today, you can dress very well for very little and very badly for very much. It’s all in the choice. But let’s not forget that fashion is a money business. In the luxury goods industry, all you hear about are takeovers (i.e. Gucci and YSL, amongst others). Young designers no not work in anonymity anymore but important financial groups sponsor them. Profit is the keyword, money is used to buy dreams. And even if it can’t buy you love, it creates fashion.

 

WAD Team.

Catégorie: Art