Files - TYLER THE CREATOR

Texte Carine Lucas - Date 7 Juin 2011

Sale gosse 2.0 du hip hop ricain, Tyler The Creator fout la pression à ses ainés avec un son léché, affole les parents avec ses lyrics violents et émoustille la hype avec son dernier album Goblins. Lors du passage à Paris de ce charismatique leader du crew Odd Future, WAD s’est bougé pour mater les tribulations de ce gamin et comprendre un peu mieux ce phénomène de Jackass de la musique.

Tyler The Creator emmerde les journalistes et le fait savoir. Débarqué en conférence de presse, il salue l’assemblée avec un cynique « ask questions and shit. That stupid ! ». Il enchaine les « Fuck » et « I don’t give a shit », joue le nihiliste affranchi et fait flipper les nanas de la salle, qui n’osent plus chopper le micro. Imposture markettée aux attitudes surjouées ou gamin paumé au je-m’en-foutisme désabusé, on ne sait pas trop.

Tyler The Creator, American hip hop trouble child blasts pressure at his elders with his vicious flows, drives mothers wild with his racy lyrics and excites music fans with ‘Goblin’, his latest album. To better understand the Jackass music phenomenon, upon his trip to Paris, WAD checked out the charismatic Odd Future crew’s leader.

Tyler The Creator gives a fuck about journalists, and he lets them know it. He welcomes the press conference with a ‘Ask questions and shit. That’s stupid!’ Then the liberated nihilist follows up with the ‘Fucks’ and ‘I don’t give a shits’, driving the girls into fear, no longer daring to ask him questions. An overly blasé marketing- schemed personna , or youngster truly lost in his ‘I don’t give a fuckness’, we don’t really know.

Passons les analyses psycho-marketto de comptoir et intéressons nous au son qu’il balance. Derrière cette attitude de gamin attardé, Tyler dégobille des lyrics cinglants et gorgés d’indécence, dans une noirceur qui en devient presque flippante. Un flow lent et épais, surplombé de beats répétitifs, qui accentuent l’oppression de l’auditeur et l’agonie de l’auteur. Tout cela vient engloutir les tripes de tout un chacun pour ne laisser place qu’à la délectation d’un son précis et efficace. Au delà de la pignole, du skate et des histoires de filles, ce gosse originaire de la banlieue d’LA fustige l’american dream et aborde les histoires de viol ou de suicide, des sujets lourds de sens pour un gosse de 19 ans…

De notre rencontre avec ce mec, de l’écoute de son son et de la lecture de ses textes, on découvre un garçon paumé sur l’autoroute de la vie et becqueté par les loups de l’entertainment. On y voit aussi beaucoup de talent, qui on l’espère saura se distinguer des marécages du système.

Let’s briefly forget the psychology-marketing analysis and concentrate on his music. Behind the retarded kid attitude, Tyler unleashes vicious words and spits indecent loads with a troubling grimness. A slow, thick flow, spewed on repetitive beats, oppressing the listener, and emphasizing the author’s agony. All of which engulfs one in his universe, leaving no choice but to relish the precise and effective sound. Past the stories of masturbation, skateboarding, and chicks, the LA native bashes the notion of the American Dream and tells stories of rape or suicide, heavy subject matter for a 19 year old.

From our encounter with the kid, from listening to his sound and reading into his lyrics, we discover a lost child on the road of life, lured by the entertainment wolves. We also see much talent, that, we hope, will help him stay away from the music industry’s traps.

All pictures by Romain B James for WADMAG.COM

Catégorie: Music - Tags: HIP HOP, ODD FUTURE, TYLER THE CREATOR