Files - TOYS

Texte Carine Lucas - Date 27 Septembre 2012

Depuis deux ans, Paul Prier – pianiste de jazz et arrangeur – et Bastien Doremus – ingénieur du son et producteur – travaillent sous le pseudonyme de TOYS. Il y a quelques jours est d’ailleurs sorti leur premier EP intitulé Natural Plastic. Bons vivants et déconneurs, leur électro-pop bourrée de synthés et de claviers froids (qu’ils parviennent tout de même à rendre mélodiques) est pourtant souvent définie comme dark voire abyssale. Leur nom, TOYS, fait référence aux deux gamins qu’ils redeviennent quand ils tripatouillent leurs machines. On les a rencontrés la semaine dernière avant leur première date à la Flèche d’Or pour découvrir ce qui se cache dans l’iPod de ces deux amoureux de musique.

Le meilleur moment pour écouter votre musique ?

Bastien : Je dirais dans une voiture. C’est le genre de musique que tu peux écouter pendant de longs trajets et qui te donne l’impression d’être dans un clip quand tu regardes par la fenêtre.

Le 1er album que tu as acheté ?

Paul : Je devais avoir 15 ans, c’était Kid A de  Radiohead.  Ah non ! C’était un peu avant, The Miseducation de Lauryn Hill.

Bastien : On m’avait acheté une platine vinyle ado et ma cousine avait débarqué le soir même avec Enter The Wu Tang, j’étais comme un ouf en l’écoutant et je le suis encore aujourd’hui.  

Vous écoutiez quoi justement gamin ?

Paul : Quand j’avais 5-6 ans et que je partais en vacances, mes parents me filaient une sorte de petite mixtape sur cassette. Ils me mettaient des supers trucs que j’écoutais à fond en chantant les paroles en yaourt : du Prince, du John Lennon, les Beatles, du Quincy Jones. C’est ce qui a bercé mon enfance.

Et ado ?

Paul : J’ai commencé le piano à 15 ans et les deux années qui ont suivi, j’ai décidé que la musique ne pouvait être que la musique classique. Le reste, c’était de la merde.

Bastien : À la même époque, j’avais la même obsession mais avec le rap !

Ça vous a influencé pour cet album?

Bastien : Bien sûr. Sur un projet comme Toys, on est deux personnes aux cultures complètement différentes et ça se ressent dans notre musique. Paul a été naturellement vers le piano, avec une vraie recherche d’harmonie tandis que moi, je me suis plus orienté vers la production. Mais on écoute plein d’autres choses.

Paul : Tout est lié. Au début, j’écoutais beaucoup de jazz et puis un jour on m’a dit que Ron Carter (contrebassiste de jazz mythique) enregistrait des lignes de bass sur du Tribe Called Quest. Je me suis alors mis à écouter du hip-hop.

Bastien : Et moi, Ron Carter, je l’ai découvert grâce à un album de rap.

Le dernier album acheté ?

Bastien : The XX

Paul : Je n’achète pas beaucoup de disques mais le dernier, c’était MGMT.

For the past two years, Paul Prier – jazz pianist and arranger – and Bastien Doremus – sound engineer and producer – have been working together as TOYS. A few days ago their first EP, Natural Plastic, was released. Wisecracking bon vivants, the torrent of synthesizers and coldwave keyboards that characterizes their (still-melodic) electro-pop is often defined as being dark, even profound. Their name, TOYS, references the two kids they become when they’re playing with their machines. We found out what these two music lovers keep hidden in their iPods last week before their first show at la Fleche d’Or.

 

 

When is your music best listened to?

Bastien: I’d say in a car. It’s the kind of music you can listen to during long trips that makes you feel like you’re in a music video when you’re looking out the window.

The first album you ever bought?

Paul: I had to have been 15, it was Radiohead’s Kid A. Oh, wait! It was a little before that, The Miseducation of Lauryn Hill.

Bastien: I got a turntable when I was a teenager and my cousin came over the first night with Enter The Wu Tang. I was dumbstruck the first time I heard it and I still am today.

What did you listen to when you were kids?

Paul:  When I was going on holidays around the age of 5-6, my parents would give me a little mixtape on cassette. They’d have the kind of songs I would sing along to without knowin the words: Prince, John Lennon, the Beatles, Quincy Jones. That was it through my childhood.

And as a teenager?

Paul: I started playing piano at 15 and for the next two years I decided that all music had to be classical. The rest was crap.

Bastien: Right when I was that obsessed by rap!

Have these influences come out on this album?

Bastien: Definitely. With a project like Toys, we’re two people from completely different cultures, and you can feel it in our music. Paul was naturally more into the piano, truly seeking harmony, while I was more oriented towards production. But we listen to a lot of other things.

Paul: Everything is linked. At first I listened to a lot of jazz, until one day I heard that Ron Carter (a legendary jazz bassist) recorded bass lines on some Tribe Called Quest. So I started listening to hip hop.

Bastien: And I started listening to Ron Carter because of a rap album.

And the last album you bought?

Bastien: The XX.

Paul: I don’t buy many albums, but the last was MGMT.

Un titre qui vous fait un peu honte mais que vous adorez ?

Bastien : J’en ai trop ! Mes parents écoutaient beaucoup de « variétoche » quand j’étais gamin, que j’adore réécouter aujourd’hui. Genre Pas d’amis comme toi  de Stephan Eicher.

Paul : De temps en temps, je réécoute un titre un peu cheap de Genesis que j’adore : Jesus He Knows About Me.

Un titre que t’écoutes tous les jours ?

Paul : Jealous Guy de John Lennon.

Bastien : My Favorite Things de Coltrane.

Un titre pour rencarder une fille ?

Paul : Barry White… Le mec hyper original.

Bastien : Et si j’ai perdu un plan avec un track, ça compte ? En fait, je ne l’ai pas perdu mais je me le suis boycotté. J’étais avec une fille et là, elle passe Sexual Healing de Ben Harper en m’expliquant à quel point ce morceau est génial. Quand je lui ai dit que ce n’était pas l’originale [l’originale est de Marvin Gaye, ndlr], elle a affirmé bec et ongles le contraire et à l’écoute de l’originale, elle a osé dire que c’était pourri ! Après ça, je me suis rhabillé et je me suis tiré.

Paul : Je me suis embrouillé avec un mec comme ça à propos du titre Gangsta’s Paradise de Coolio [l’originale est de Steevie Wonder, ndlr].

Un titre pour faire la teuf ?

Bastien : On a un titre phare en ce moment : No Brain d’Étienne de Crecy remixé par Pierrick Devin et Alex Gopher.

A song that you’re embarrassed to love?

Bastien: There are too many! My parents listened to a lot of bad pop when I was a kid, and I still love listening to those songs. Stuff like Pas d’amis comme toi  by Stephan Eicher.

Paul: From time to time, I listen to a kind of cheap Genesis song I love: Jesus He Knows About Me.

A song you listen to every day?

Paul: Jealous Guy by John Lennon.

Bastien: My Favorite Things by Coltrane.

A song for the ladies?

Paul: Barry White… The original.

Bastien: And if the song was a dealbreaker, does that count? Actually, it wasn’t a dealbreaker, but I chose to boycott the situation. I was with a girl and she played Sexual Healing by Ben Harper, telling me how great the song was. When I told her it wasn’t the original [ed. note: the original is by Marvin Gaye] she fought tooth and nail that it wasn’t true, and after hearing the original said that it sucked! After that I got dressed and left.

Paul: I got in an argument like that with a guy about the Coolio song Gangsta’s Paradise [ed. Note: the original is by Stevie Wonder].

A song to work to?

Bastien: We’ve got a favourite right now: No Brain by Etienne de Crecy remixed by Pierrick Devin and Alex Gopher.

Catégorie: Music