Files - TOM VAN DER BORGHT

Texte Sophie Belin - Date 30 Aôut 2012

Comment te définis-tu ? 

Comme le dit si bien la chanson old school de De La Soul, je suis « Me, Myself and I ». Mais plus sérieusement, je pense être un rêveur avant tout. J’aime inventer des histoires et manipuler les émotions pour en faire des représentations visuelles. J’aime beaucoup les choses sucrées et pimentées ainsi que mélanger des choses inattendues sous n’importe quelle forme artistique.

Peux-tu décrire ta collection en 3 mots ?

Manipulation, Chien, Culte.

Tu développes un univers très particulier, quelles sont tes principales sources d’inspirations ?

J’aime créer des surhommes. Une image forte basée sur des volumes démesurés. Pour ma dernière collection, je me suis concentré sur le thème de la manipulation autour de l’image du culte. Ce culte correspond à l’adoration que je porte à mon propre chien, Chica. Qu’on puisse idolâtrer un chien bâtard rescapé, place l’humour au centre de ma création. La collection nous explique comment fonctionne le culte. Il part de l’amour, de la douceur et de l’image positive, passe par le lavage de cerveau et la peur et finit par la pure folie, le terrorisme et la destruction. Mes silhouettes sont inspirées d’anciennes œuvres mexicaines, du « narci street fashion » pour une dégaine façon guerrière de lumière.

La collection comprend des éléments fluorescents et phosphorescents et change en fonction de la lumière, passant la lumière du jour à la lumière UV jusqu’à l’obscurité. J’ai également imaginé un imprimé très personnel qui reprend des images microscopiques de la maladie musculaire héréditaire dont je souffre. Mes collections sont donc toujours basées sur ma vie.

Ton école l’Académie des Beaux-Arts de Sint-Niklaas a-t-elle joué un rôle dans cette collection ?

Oui bien sûr. Cette collection est le résultat de quatre années de travail intense. L’école où je suis allé est une des plus petites de Belgique et offre une approche très individuelle. Je suis très reconnaissant envers mes professeurs qui ont compris ma vision des choses et m’ont vraiment encouragé à repousser mes propres limites.

How can you describe yourself? 

I’m “Me, Myself and I” like the old school De La Soul songs says with wisdom. No seriously, I think I probably am a dreamer, in the first place. I like to invent stories, manipulate emotions into visual representations. I like sweet and spicy a lot and like mixing the unexpected, in any kind of artistic way.

Can you describe your collection in three words?

Manipulation, Dog, Worship

You have your own world, what is your main source of inspiration?

I like to create an image of a super-human. Strong looks based on larger-than-life volumes.

Wanting to focus on the theme of manipulation, for my latest collection I chose to create the image and illusion of a cult, as a symbol of the extreme use of manipulation and power. The cult is directed at the idolisation of my own pet dog, Chica. This playful notion, of the rescued mongrel dog becoming a worshipped god, places humour at the heart of my creations.

The collection tells the story how a cult works: starting from love, softness and positive images, proceeding to brainwashing and fear and ending in total mania, terrorism and destruction. Influenced by ancient Mexican artwork and narci street fashion, my looks resemble a neon indigenous tribe, warriors of the light.

Featuring lots of fluorescent and phosphorescent elements, the collection changes under different lighting conditions, going from daylight over UV-light to darkness. The designs also feature a very personal print designed by myself, that repeats microscopic imagery of the hereditary muscular disease that I suffer from.

In a way my collections always have a very strong autobiographic, baseline.

Did your school the Academy of Fine Arts in Sint-Niklaas  play a role in this collection?

Of course it did. The collection is the result of a hard study of four years. The school I went to is one of the smaller fashion schools in Belgium with a very strong individual approach. I think my teachers, whom I am very grateful for, understood my vision and really pushed me to exceed my own boundaries.

Tes vêtements ne ressemblent à aucun autre. Qu'est-ce que tu cherches au travers de cette singularité ?

Je crée toujours pour les générations futures. Ma vision est toujours celle d’un « guerrier urbain » qui fait partie d’une tribu contemporaine, qui essaye de faire face aux défis du monde fou qui nous entoure. 

Pour toi la mode doit-elle être absolument portable? 

Je pense que les gens confondent souvent ce qui est portable et ce qui est socialement acceptable, ce qui est dit « beau » ou « normal ». Selon moi la mode  ce n’est pas la beauté ou la normalité mais la fonctionnalité.

Que t’interdis-tu dans ton travail ?

C’est une question difficile…J’essaye de m’interdire le moins de choses possibles. La plupart des créations viennent grâce à un esprit libre. Certaines limites peuvent en fait me motiver davantage pour trouver un moyen de les dépasser. J’essaye de faire en sorte que mon travail ne soit pas ennuyeux ou trop évident. Je ne prends ni mon travail ni moi-même au sérieux. 

Quels sont tes projets à court terme ?

Tout va très vite en ce moment. Je rentre tout juste de la Fashion Week de Berlin où j’ai fait deux défilés incroyables. Tout d’abord j’ai le Showroom de Belgique du Flanders Fashion Institute qui se déroulera pendant la Fashion Week de Paris en septembre. Je vais y présenter la ligne « pièce-uniques » et un premier aperçu de ma ligne de basiques. Ça va être vraiment excitant de montrer mon travail à Paris. En parallèle, je travaille sur quelques collaborations avec des artistes et des musiciens. Le travail de recherche pour la prochaine collection va ensuite commencer doucement. Mais pour le moment mon projet principal au milieu de tous ça c’est de repeindre ma cuisine.

Quels sont tes rêves ?

En répondant à cette question je me sens un peu comme une candidate de Miss Univers : la paix dans le monde, la fin de la famine etc.

En fait mon plus gros rêve est en train de se réaliser en ce moment. Disons donc que mon prochain rêve serait d’habiller Björk, espérons qu’elle lise cette interview !

http://www.tomvanderborght.com/

Your clothes are really unique. By being different, what are you looking for? 

I always design for the next generation. My vision is always the vision of an “urban warrior”, being a part of a contemporary tribe, trying to cope with challenges of the crazy world we live in. 

In your opinion, does fashion have to be absolutely wearable?

I think wearability is often mistaken for what’s socially acceptable, for what most people consider “beautiful” or “normal”. In the first place for me, fashion is not about beauty or normality but functionality. 

What do you refrain from doing in your work? 

That’s a hard question. I try to restrain as little as possible. Most creations come from a free spirit and mind. The things I feel as boundaries or limitations actually motivate me more to find ways to overcome them. Maybe I try to never be boring or too obvious. You might even say I try to never take my work or myself too seriously. 

What are your projects in the near future?

Well, everything is going fast at this moment. I just returned from Berlin Fashion Week where I had two amazing shows. First thing up is Showroom Belgium from Flanders Fashion Institute, which will be happening during Paris Fashion Week in September. There I will present the “pièces-uniques” line and a first glimpse of my basic line. It will be very exciting to be able to show my work in Paris.

Next to that I’m working on some collaborations with some visual artists and musicians. And slightly the work for research on the next collection is starting. But at the moment repainting my kitchen is the main project in between all fashion stuff.

What are your dreams?

Answering this makes me feel a bit like a Miss Universe contestant: world peace, end of famine and so on.

In fact my main dream at this moment is being realised. Let’s say dressing Björk is my next big dream. Hope she reads this!

http://www.tomvanderborght.com/

photographe: Alexander Popelier
make-up artist: Debiie Declerq
models: Joanne (Flag) & Johannes
Au studio Avantgand

Catégorie: Fashion