Files - The RIOT exhibition of the moment : Ai Weiwei

Texte Carine Lucas - Date 14 Mars 2012

L'artiste Aï Weiwei est connu pour ses coups d'éclats, mais surement moins reconnu pour ses œuvres. Cyber-millitant, il oscille depuis quelques années entre l'Art de la communication et la communication de l'Art, pour rendre compte, dénoncer et raconter les mutations de son pays. Anthropologue 2.0. via l'appareil photo, il expose au Jeu de Paume une série de clichés qui conte son aventure. Celle d'un homme on ne peut plus «Riot».

Il conviendra avant tout pour comprendre la démarche d'Aï Weiwei de s'attarder sur  les légendes de ses photos, qui elles ne prêtent pas vraiment à une contemplation esthétique. Car le roman photo qu'il nous propose est des plus flippants, avec pour toile de fond un pays, la Chine, où la liberté d'expression est bafouée. Peu lui importe. En 1994, s'inspirant du fameux cliché de Marylin Monroe, il demande à sa copine de l'époque de soulever sa jupe devant le portrait de Mao sur la place Tiananmen...

Quelques années plus tard, sur le même site, il débute sa série "Etude de perspective", en pointant un doigt d'honneur en direction de Tiananmen. Un symbole fort qui invite le spectateur à remettre en question le respect dont il fait preuve envers toutes les formes de pouvoir établis, qu'il s'agisse de gouvernements ou d'institutions.

Ai Weiwei frappe également par la diversité des outils qu'il utilise. Car ses images sont aussi animées, comme pour le documentaire "Conte de Fées", projeté au Jeu de Paume : l'histoire de 1001 chinois qui, aidés par Ai Weiwei, tentent de se dégoter un visa touristique. Le visa n'est pas la finalité en soi, on est surtout curieux de découvrir et d'écouter tous ces gens qui, sans voix off, se confient sur leurs conditions et leurs désirs d'exil.

 

 

 

 

Artist Ai Weiwei is known for his feats, but certainly less known for his works. A cyber militant, for the past few years he has fluctuated between the Art of communication and the communication of Art in order to uncover, denounce, and describe his country’s mutations. Anthropologist v. 2.0 with a camera, his show at the Jeu de Paume exhibits a series of clichés recounting his adventure. That of a man who can no longer ‘Riot’.

It’s worth starting with an understanding of Ai Weiwei’s approach to avoid getting caught up in the legends surrounding his photos, which don’t really lend themselves to aesthetic contemplation. The story his photos tell tends towards the outlandish, flouting the restrictions on freedom of expression against the backdrop of a country, China, where these liberties are few. Not that it mattered. In 1994, inspired by the famous photo of Marilyn Monroe, he asked his then-girlfriend to lift her skirt in front of the portrait of Mao on Tiananmen Square…

A few years later, at the same site, he began his series ‘Study in Perspective’ by pointing a particular finger in the direction of Tiananmen. A strong symbol that invites the viewer to question the respect they feel towards all forms of established power, whether governments or institutions.

The diversity of the tools Ai Weiwei uses also makes an impact. His images are also animated, as with the documentary  ‘Fairy Tale’, being screened at the Jeu de Paume: the story of 1001 Chinese who, with Ai Weiwei’s help, try to obtain a tourist visa. The visa is not the totality of the story, as we are curious to understand and hear from these people who, without external narration, confide about their condition and their desire for exile.

 

 

 

Mais la vraie révolution dans l'art d'Ai Weiwei eut lieu avec l'avènement d'Internet, qui l'entraîne dans une véritable boulimie de communication : il ouvre un blog (qui sera fermé en 2009 par les autorités chinoises), découvre Twitter et se passionne pour les nouveaux outils lui permettant de diffuser ses images. La salle la plus impressionnante de l'exposition est donc celle où il a exposé toutes les photos prises avec son smartphone. Les clichés qui "dénoncent" s'y mêlent à des autoportraits méga égocentriques, où ce barbu dodu se découvre, se montre et se regarde. On en ressort limite gênés...

Ai Weiwei a été placé en détention en avril 2011 et libéré son caution en juin. Il est toujours interdit de sortie de territoire.

Ai Weiwei, "Entrelacs". Jusqu'au 29 avril. Jeu de Paume, Paris. www.jeudepaume.org.

But the real revolution in the art of Ai Weiwei took place with the advent of the internet, which set loose a veritable deluge of communication: he started a blog (which was shut down by the Chinese authorities in 2009), discovered Twitter and became passionate about new tools that allowed him to diffuse his images. The most impressive space in the exhibition is the room exhibiting the photos he has taken with his smartphone. The snaps that ‘denounce’ mingle with egocentric self-portraits, where the round, bearded artist uncovers, shows off, and gazes. The feeling is a little embarrassing…

Ai Weiwei was arrested in April 2011 and released on bail in June. He is restricted from leaving China.

Ai Weiwei, ‘Entrelacs’. Until April 29 at the Jeu de Paume, Paris. www.jeudepaume.org

 

 

 

 

 

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