Files - Shlømo

Texte Carine Lucas - Date 12 Juillet 2011

Au détour d’un soundcloud, la magie de l’Internet m’a embarquée dans un manège à sensations musicales qu’on appelle Shlømo. Mes tympans sont entrés en symbiose sensuelle avec le son qui s’échappait de mes écouteurs, cherchant à happer la ouate mélodique qui déambulait dans les conduits de mon esprit. 

J’ai kiffé quoi. 

C’est donc pour cela, que j’ai utilisé un autre outil fabuleux de l’internet qu’on appelle le courriel et qui m’a permis de basculer dans le monde réel, en élaborant un apéro-interview, afin d’en savoir un peu plus sur la bête. 

Shlømo, en vrai il s’appelle Shaun. Un prénom qui résonne comme un BG de soap opéra, cheveux au vent raccords avec le ralenti de l’arrivée de Rebecca, mais Shaun est en faite un petit parigot vivant à Pigalle, qui mixe sous les toits de Paris. Perso, je préfère cette version, c’est un mec cool au fond.

Il fait de la minimale minérale progressive. J’ai fait la même tête que toi à cet instant et puis j’ai compris. La minimale se rapporte à l’entêtement mélodique des sons de Shlømo, ces sons qui aguichent ton épaule pour te faire bouger de gauche à droite. Lorsque tu as capté ça, ton corps se sent comme transpercé par un tourbillon météorologique (la minérale là). Il te balance du sunlight en masse, qui vient s’écraser sur ta rétine et qui t’oblige à fermer les yeux, tout en continuant à bouger l’épaule. On appelle ça le plaisir.

 

Passing by a soundcloud, Internet’s magic has thrown me into a twirl of musical sensations called Shlømo. My eardrum entered in a sensual harmony with the notes that escaped from my earphones, trying to engulf the melodic wadding that traveled through my mind’s pipes.


Anyway, I digged it.


That’s why I used another one of internet’s fabulous resources (the email), that allowed me to sink back in the real world elaborating a late afternoon interview to evaluate what the beast really had to offer.
Shlømo’s really called Shaun. A name that echoes a soap opera’s sexy surfer (hair swinging in the wind graciously accompanying Rebecca’s slow motion) but Shaun is actually an ordinary Parisian living in Pigalle who mixes underneath’s Paris’ traditional roofs. I’d rather have it that way: he’s a cool guy, deep down.


His music’s considered as “progressive mineral minimal”. I know, I had the same doubtful look on my face when I read that but then I understood: the term “minimal” is used to translate the way Shlomo’s melodies get frenetically stuck into your head, the kind of melodies that subtly seduce your shoulder and make it move to the rhythm from left to right. When you get this, a sort of amazingly strong hurricane runs through your body (that’s why his music’s also defined by the term “mineral”). His music is so incredibly luminous that the light he sends you through his delicate notes come smashing into your retina and forces you to keep your eyes closed, while you’re still dancing to the rhythm. That’s what you call bliss.

Au fond, la minérale de Shlømo, c’est un voyage. 

La progression, quant à elle, se cristallise par les nappes délicatement déposées au creux de ton oreille, qui te susurrent de brèves envolées lyriques et qui t'émoustillent au fur et à mesure. Shlomo te parle innocemment de ses synthés aux noms complètement improbables, sans se rendre compte que son doigt apposé talentueusement dessus a une portée orgasmique incommensurable. 

Influencé par des mecs comme Gui Boratto, il s’empare de ses propres morceaux de vie, de ses émotions pour faire une musique intègre, qui te pousse dans la fosse des rêveries, de laquelle il est souvent difficile de se sortir. 

Il y a un détail que j’ai oublié de te mentionner. Ce gars a 23 ans, fait ça depuis 6 mois sous ce nom et n’a jamais mixé en club. Il fait vraiment ça dans sa chambre, bidouille ses covers avec ses potes et alimente son soundcloud grâce à une bonne connexion internet. C’est ce qu’on appelle du talent à l’état brut. 

Je t’invite à écouter tout particulièrement Years To Come, si comme moi tu ne pars pas en vacances. Ça aide.

Actually, I’d say that listening to Shlømo’s “mineral” is like going on a trip.


While you listen further on to the music you can feel it crystallize thanks to its complexity and its elaborated sounds that delicately tickle your ears, hissing brief synthetic flights of lyricism. Shlømo innocently talks about his unlikely-named synthesizers without realizing that his talented touch and interpretation transports you to nirvana.


Inspired by guys like Gui Boratto, he picks up the pieces of his own life and feelings that submerge him to create a generous and sincere type of music which forces you into daydreaming (a state that you’ll strive to get out of). 


There is something I forgot to mention: this guy’s only 23, started out 6 months ago and never played in clubs. His magic is done in his small room, he fiddles his own covers with some friends and enhances his soundcloud thanks to a good internet connection. That’s what we simply call pure talent. Trust me, keep an eye on him.


To those working this summer, I particularly recommend the song Years To Come. It helps!

Catégorie: Music