Files - Sakina M'Sa, the social stylist

Texte Thibault Kunz - Date 22 Décembre 2011

Styliste atypique, petit bout de femme survoltée, Sakina est bien loin de sa petite île de l’Archipel des Comores où elle a grandit dans un monde surréaliste et merveilleux. Autant dire qu’elle a fait du chemin ! WAD est allé à sa rencontre dans son atelier niché à la Goutte d’Or, quartier qu’elle affectionne tout particulièrement.

An atypical designer, a supercharged wisp of a woman, Sakina has travelled far from her island in the Comoros archipelago, where she grew up in an enchanting, surreal world. It’s fair to say that she’s come a long way! WAD met up with the designer in her cosy atelier in the Goutte d’Or, a neighbourhood close to her heart.

De l’Archipel des Comores à Paris

Originaire d’une petite île, Sakina a été élevée par sa grand-mère. Tous les matins, le réveil sonnait comme un rituel où chacun devait dessiner ses rêves sur un mur en ardoise pour qu’ils soient interprétés par celle qui l’élevait. Après « énormément de kilomètres », Sakina sort de ce monde qu’elle considère encore comme surréaliste et atterrît à Marseille. A peine un an lui suffit pour apprendre le français grâce à des cours intensifs, mais surtout à tous les livres qu’elle dévore, sans forcément les comprendre. Son interrogation sur « l’ordre du sensible, de ce que l’humain peut avoir de créatif et qui transforme son existence » en est née.

Puis vient le moment où elle décide de faire de la mode. Diplôme en poche, elle arrive de sa province à Paris. En attendant ses réponses de stages, elle décide d’animer des ateliers de couture et de style dans des maisons de quartier du 93. Ils connaissent un succès fulgurant qui attire des mères de famille, des petites filles, des ados… Mais Sakina n’en oublie pas pour autant ses recherches personnelles qui bouillonnent en elle.

Elle reconnaît aujourd’hui que c’est ce qui lui a donné la force de monter sa maison de couture autrement. Hors des bureaux et carnets de tendance, son immersion dans la mode parisienne à elle, s’est faite dans la vraie vie.

Le bleu de travail, un héritage du passé

Signature de son travail d’aujourd’hui, le bleu de travail représente pour Sakina un hommage aux ouvriers et à son père : «  Le bleu de travail est porté par les gens de l’ombre qui font les lumières de la société ». Elle nous parle du bleu de Klein dont elle est fan, de cette couleur lumineuse, de cette matière en coton où tout est beau, que ce soit « au niveau du toucher, de la texture, la couleur, la tenue, la symbolique… C’est quelque chose d’assez fort ». Authentique et proche de ce qui la touche, de ce qui lui parle…

From the Comoros Archipelago to Paris

Born on a small island, Sakina was raised by her grandmother. Every morning, the alarm sounded to a ritual in which everyone drew their dreams on a slate wall to be interpreted by their grandmother. After “more than a few kilometres”, Sakina left that ‘surreal’ world and landed in Marseille. She learned to speak French in less than a year, thanks to intensive courses as well as the books she devoured without really understanding them. Her inquiry into “the order of senses, of how humans can be creative and change their existence” was born.

Then came the moment she decided to get into fashion. Degree in hand, she arrived in Paris. While waiting for answers from internships, she decided to give sewing and style workshops in homes in the Parisian suburbs. They were a blazing success, attracting housewives, young girls, teenagers... But Sakina wasn’t ready to forget the personal projects simmering at the back of her mind.

She remains certain that this is what gave her the strength to create a different kind of fashion house. Her own immersion into Parisian fashion happened in real life, far from offices and trend books.

Blue collar blue, a legacy of the past

Sakina’s signature workman’s blues represent an homage to workers and to her father: “A uniform blue is worn by the people in the shadows who produce society’s lights”.  She told us about the Klein blue that she likes, the luminous colour, the cotton material, where everything is lovely, whether “in the touch, the texture, the colour, the wear, the symbolism... It’s something rather strong.” Authentic and close to what moves her, what speaks to her...

PUMA : De Pelé à Sakina

Venant de Marseille, Sakina a évolué dans la pure tradition « religieuse » du football. Elle se souvient d’ailleurs comme son père était un fan inconditionnel de l’OM, et en particulier d’un jeune joueur immigré des années 70 : Pelé. Son souvenir remonte surtout au poster affiché chez eux représentant la star tenant son édition spéciale de grip bag PUMA… Lorsque la marque la sollicite pour une collaboration sur ce modèle, Sakina a tout de suite trouvé ça « super sympa ! ».

Une entreprise qui crée du « tissu social »

Après un entretien avec Jean Baudrillard, Sakina comprend que le travail doit être au service de l’homme, et non l’inverse. Elle décide donc de garder sa fabrication française, malgré les charges et monte son entreprise de réinsertion par le travail. « Je suis persuadée qu’en faisant de jolies choses, de beaux volumes, des matières nobles, les personnes qui travaillent dans l’atelier gagnent de l’estime d’eux-mêmes, sont revalorisés et ça leur donne la pêche ! ». Quoi de mieux que de s’implanter à la Goutte d’Or ! Issue d’un quartier populaire, la stylite s’y est sentie comme à la maison. Considérant qu’on ne peut pas rester à côté de son histoire, « comme Gautier qui a fait ses corsets par rapport à sa grand-mère », elle se sert de son passé pour être plus forte. Et même si les gens qu’elle cible n’ont rien à voir avec le quartier, elle n’y changerait pour rien au monde.

Une nouvelle collection graphique

Très peu d’infos au sujet de la prochaine collection, Sakina veut rester discrète et créer la surprise. Nous ne saurons rien si ce n’est qu’elle sera très graphique, structurée et colorée… A suivre donc.

PUMA: From Pelé to Sakina

Being from Marseille, Sakina was raised in the pure, “religious” traditions of football. She remembers well how her father was an OM devotee, particularly dedicated to a young immigrant player in the 70s: Pelé. Her memories go back as far as the vision of a poster mounted at home featuring the star holding his special edition PUMA grip bag... When the label asked her to collaborate on this model, Sakina immediately thought it would be “awesome!”

A business weaving a “social fabric”

A discussion with Jean Baudrillard made Sakina understand that work should be at the service of man, and not the other way around. She decided to keep her production in France, regardless of the cost, and built a business on the idea of rehabilitation through work. “I was convinced that by making nice things, with good proportions, of noble materials, the people in the workshop could gain self-esteem and worth, and boost their spirits!” What better place to set up shop than the Goutte d’Or? Raised in a working-class neighbourhood, the designer immediately felt right at home. Realising that we can’t live in the past, “like Gautier, who made his grandmother’s corsets”, she uses her past as a base to grow stronger. And even if the people she’s targeting have nothing to do with the neighbourhood, she wouldn’t change a thing.

A new graphic collection

There aren’t many details about her next collection – Sakina would rather stay discreet, building suspense. We only know that it will be very graphic, structured and coloured... We’ll be following developments closely.

Les Barbesses Millenium

A découvrir également, les soirées Barbesses Millenium organisées par Sakina dans son atelier…

Pour votre shopping et pour plus d’infos c’est online ou directement dans la boutique au 6 rue des gardes, 75018 Paris.

Les Barbesses Millenium

It’s equally worth uncovering the Barbesses Millenium parties Sakina throws in her workshop...

To shop or for more info, see online or directly in the boutique at 6 rue des Gardes, 75018 Paris.

Catégorie: Fashion - Tags: interview, sakina, sakina M'Sa