Files - RENCONTRE AVEC RONE

WELCOME
Bonjour, Comment vas-tu? Où es-tu? Que fais-tu?
Hello! Ça va bien merci! Là je suis entre Berlin et Paris. Et en ce moment je travaille sur mon deuxième album...
Je te rencontre dans la vraie vie, en soirée, tu te présentes comment?
"Salut. Je m'appelle Erwan".
Pourquoi Rone?
Au départ, c'est juste un mauvais jeu de mots: "R.one" pour "Erwan"... Mais, il y a quelques années, un graphiste a oublié le point sur le flyer d'une soirée dans laquelle je devais jouer. C'est devenu RONE (prononcer Rhône) et c'est resté. Finalement j'aime assez l'idée de ne pas avoir choisi mon nom d'artiste, qu'il soit le résultat d'un petit accident.
Tu as sorti récemment ton EP So So So, deux ans après ton album. Pourquoi avoir attendu si longtemps?
Je crois que je suis assez lent... et un peu paresseux aussi. Je prends mon temps. Et puis je ne veux pas m'obliger à sortir des choses juste pour avoir de l'actualité. Je crois que les meilleurs morceaux sont ceux qui se font naturellement. Je fais de la musique tout le temps mais très souvent de manière expérimentale. Je cherche des textures de sons, des mélodies. Je peux prendre une direction qui est mauvaise et retourner en arrière pour en prendre une autre. J'essaye pleins de choses et tout d'un coup, HOP, un morceau est là! Mais il peut s'écouler un certain temps avant que ce moment arrive.
PARCOURS
Comment décrirais-tu cet EP?
Pour moi c'est un disque de "transition". D'abord parce que je l'ai commencé à Paris et terminé à Berlin. Ensuite parce qu'il fait le pont entre mon premier et mon deuxième album, sur lequel je travaille actuellement.
Je le vois comme un objet hybride, avec des réminiscences de mes premiers disques et des passerelles vers les prochains.
J'ai quelques titres de côté qui bouillonent mais il m'a semblé que c'est ceux qui devaient sortir à ce moment là...
Ton clip pour So So So est hallucinant! Comment abordes-tu l’outil clip?
Merci pour ses créateurs: le Studio FünF! C'est un collectif monté par quelques-uns de mes meilleurs amis et dont fait également partie ma copine. Inutile de préciser que nous sommes étroitement liés donc... On se connaît bien, on se fait confiance et les choses avancent vite! Ils ont fait ce clip sans aucun moyen, juste avec leurs idées, leurs savoir-faire et leur tripes. Et je pense que c'est ce qui rend cette vidéo si particulière: on y sent une sincérité qui vient d'une vraie complicité et d'une grosse énergie collective. C'est sûrement ce qui fait la différence avec des productions à plus gros budgets, qu'on impose à des artistes qui n'ont pas leur mot à dire.
Je pense que ça donne une nouvelle dimension à ma musique. J'ai même parfois l'impression que ça la transforme un peu, parce que les images ne sont pas de moi et qu'elles proposent un sens auquel je ne n'avais pas forcément pensé en faisant le morceau. Finalement, c'est l'inverse d'une bande son, qui va ajouter du sens aux images d'un film... C'est la bande-image du morceau quoi! :)
À partir du moment où je fais confiance au réalisateur, je ne préfère pas intervenir dans son processus de création. D'abord on en discute bien sûr, mais après je disparais parce que j'aime bien être surpris.. C'est toujours ce qui se passe avec Vladimir Mavounia-Kouka aussi, qui fait toutes les illustrations de mes Ep chez InFiné et qui a réalisé mon premier clip (Spanish Breakfast).
WELCOME
Hi, how’s it going? Where are you? What are you up to?
Hello! I’m good, thanks! Right now I’m between Berlin and Paris. And I’m working on my second album at the moment.
If I was to meet you in real life, out at a party, how would you introduce yourself?
“Hi. My name is Erwan.”
Why Rone?
At the beginning, it was just a bad play on words: “R.one” for “Erwan”... But a few years ago a designer forgot the period on the flyer for a party I was going to play. It became RONE (pronounced Rhône) and it stuck. I actually like the idea of not having chosen my stage name, that it’s the result of a little accident.
You recently released your EP So So So, two years after your album. Why such a long wait?
I think I’m just a little slow...and a little lazy. I take my time. And I don’t want to feel obligated to release things just to stay current. I think the best songs are the ones that happen naturally. I’m always making music, but it’s often just to experiment. I’m looking for the textures of sounds, for melodies. I can take a bad direction and backtrack to take another. I try lots of things and suddenly, WHOOP, a piece is there! But it can take a while before that moment arrives.
CURSUS
How would you describe this EP? Who inspired the tracks? What are their stories?
For me this is an album about “transition”. First because I started it in Paris and finished in Berlin. Then because it’s the bridge between my first album and my second, which I am working on right now.
I see it as a hybrid, with aspects of my first albums and steps towards the next ones.
Why did you choose these tracks for your EP? You must have others that are simmering away somewhere...
Yeah, I have a few laid aside. But these felt like the ones to release at that moment...
Your video for So So So is mind-blowing! How did it happen?
Thanks are due to its creators: Studio FünF! It’s a collective organised by some of my best friends, including my girlfriend. I don’t need to explain that we’re pretty close... We knew each other well, trusted each other, and things moved forward quickly! There was no method behind the video, just their ideas, their skills and their gut instincts. And I think that this is what makes the video so distinctive: it has a sincerity that comes from real collaboration and a huge collective energy. That’s the difference between this and big-budget productions, imposed on artists who don’t really get a say in the matter.
What does this bring to your work?
I think that it gives my music a new dimension. Sometimes I even get the impression that it transforms it a bit, because the images aren’t mine and they give off a sense that I didn’t really consider while making the track. Finally, it’s the inverse of a soundtrack, which adds meaning to the images of a film... It’s the image-track of the song, right! :)

Comment décèles-tu le moment où ton titre est enfin finalisé?
Ah! Ça c'est compliqué... Commencer un morceau c'est facile. Le plus dur c'est évidemment de le terminer! On est toujours tenté de l'emmener plus loin. Mais parfois on l'emmène tellement loin qu'on se retrouve avec un nouveau morceau qui n'a plus rien à voir avec l'idée de départ :)
Alors, il faut savoir dire: "Voilà, c'est fini!!". Et puis on a toujours le live pour emmener un titre plus loin.
Pour ce qui est de demander des avis extérieurs, j'essaie de le faire de moins en moins parce que ça peut vraiment me bloquer. La difficulté est d'arriver à assumer ses idées jusqu'au bout... mais même une critique positive peut couper un élan créatif. À mon avis il vaut mieux travailler en secret pour ne pas perdre son libre arbitre. Mais bon... Il m'arrive encore d'avoir besoin de recul. Les conseils et les encouragements d'Agoria ont été précieux quand je travaillais sur So So So par exemple...
Les vocals de Bora ont beaucoup marqué les esprits, mais il me semble que l’on ne les retrouve que sur ce titre. Pourquoi en avoir intégrer sur ce titre et ne pas avoir réitérer l'expérience?
C'est la voix de l'écrivain Alain Damasio. J'ai utilisé un petit passage de son journal intime, enregistré sur un dictaphone pendant l'écriture de "La Horde du Contrevent". Je suis super content que le morceau ait marqué les esprits, franchement je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il touche autant de gens...
Je n'ai pas encore réitérer l'expérience parce que c'est quand même plus interéssant d'essayer de se réinventer et de se surprendre. Mais il est très probable que je refasse quelque chose avec Alain un jour. On en a d'ailleurs discuté et il m'a déjà envoyé quelques textes...
Dans quel environnement fais-tu de la musique?
A Paris, j'ai longtemps fais de la musique chez moi, entre la cuisine et la salle de bain. Et puis souvent sur la route, avec un ordinateur et un casque. Ensuite j'ai pris un studio juste en dessous des locaux de mon label, Infiné, mais je n'y suis resté que quelques mois... C'était une fausse bonne idée. J'avais l'impression d'aller au "bureau". La phrase de Damasio dans "Bora" prenait tout son sens à ce moment là: "il faut que tu t'isoles! Que les gens soient extrêmement loin de toi..." Et finalement, j'ai installé mon studio à Berlin, dans un vieux bâtiment situé dans une zone industrielle.
Dans tes lives comme dans tes albums, les instruments ont une place très importante, joues-tu d’un instrument? Comment choisis-tu ces musiciens?
J'ai fait un peu de piano. Du saxophone aussi. Mais jouer sur scène ou en studio avec des instruments c'est surtout pour le plaisir de jouer avec quelqu'un... J'aime bien le côté "boeuf" entre musiciens. Il y a quelques jours, Scalde m'a rejoint spontanément sur scène pour jouer de la flûte sur mon live; une autre fois c'est avec Bugge Wesseltoft que j'ai improvisé quelques minutes à la fin d'un concert. Et puis il y a les amis que je retrouve parfois sur scène ou en studio, comme le violoncelliste Gaspar Claus ou le saxophoniste Adrien Roch.
GENÈSE & PROJETS
Revenons à la genèse de ton métier.
Ça me fait toujours bizarre d'en parler comme d'un métier... Je ne pensais pas vivre de la musique, en faire mon job à plein temps. Mon avenir m'a toujours semblé flou et finalement c'est un peu la musique qui m'a choisit, et non l'inverse.
Tu as d’abord fait des études de cinéma. De quelle manière puises-tu dans cet univers pour créer ta musique?
Je ne sais pas... J'imagine que ça nourrit beaucoup ma musique, oui. Mais c'est inconscient.
As-tu ou aimerais-tu faire des bandes originales de films?
Oui j'ai composé la musique du film "La Femme à Cordes" réalisé par mon pote Valdimir Mavounia-Kouka. J'ai travaillé dessus avec Gaspar Claus et Eloïse Decazes, la chanteuse du groupe ARLT. C'était une très belle expérience que j'aimerai renouveler, oui!
Qu’est ce qui t’a fait basculer d’amateur à acteur de la musique électronique?
Simplement l'envie et le besoin de créer je pense... Les machines électroniques se sont révélés être le meilleur outil pour moi.
Pour tous les mecs qui font de la musique, que leur conseilles-tu de faire pour se faire remarquer?
Je leur conseillerai de se concentrer sur leur musique. Si elle est intéressante, les choses devraient se faire naturellement en rencontrant les bonnes personnes.
Pour finir, on va jouer à “tu préfères ou tu préfères”. Tu préfères le live ou le dj set?
Le live. Plus excitant.
Tu préfères faire danser ou enivrer?
Les deux!! Et en même temps si possible... :))
Gagnez 2 places pour la nuit Infiné de vendredi 23 septembre au Point Ephémère avec Rone! Sur la rubrique Concours
How do you work out your videos?
As soon as I put my faith in the director, I prefer to stay out of his creative process. We’ll definitely discuss it in the beginning, but I disappear after, as I like to be surprised... This is what happens with Vladimir Mavounia-Kouka too, who did all the illustrations for my EP at Infiné and who directed my first video (Spanish Breakfast).
How do you know when a track is finally done?
Ah! That’s complicated... Starting a song is easy. The hard part is finishing it! You’re always tempted to take it further. But sometimes you take it so far that you’re left with a new piece that has nothing to do with your original idea :)
You have to know how to say “Voilà, it’s done!” And you can always take it other places live.
Do you ever ask for criticism?
I’m trying not to do it as much because it can really block me. The hard part is to hold on to your ideas through to the end... but even a positive critique can cut the creative impulse. I feel that it’s better to work in secret so you don’t lose your free will. But yeah... Sometimes I need to be able to take a step back. For example, Agoria’s encouragement and suggestions were priceless when I was working on So So So...
The vocals on Bora made a deep impression on me, but it seems like they’re only on this one track. Why did you use them on this track but not repeat the experience?
It’s the voice of the writer Alain Damasio. I used a short passage from his diary, recorded on a Dictaphone while he was writing ‘La Horde du Contrevent’. I’m really happy that the song made such an impression; frankly, I wasn’t expecting it to affect so many people...
I haven’t repeated the experience because it’s even more interesting to try to reinvent and surprise myself. But it’s likely that I’ll do something with Alain again one day. We’ve talked about it and he’s already sent me a few texts...
What environment do you make music in? In what space, ambiance, mood?
In Paris, I used to make music at home, between the kitchen and the bathroom. And often on the road, with a computer and headphones. After that I got a studio just below my label Infiné’s offices, but I only stayed there a few months... It wasn’t such a good idea. I felt like I was going to ‘the office’. Damasio’s sentence in “Bora” made total sense at that moment: “Il faut que tu t’isoles! Que les gens soient extrêmement loin de toi!” (“You must isolate yourself! So people are extremely far from you!”)... Finally, I set up a studio in Berlin, in an old building in an industrial zone.
In your books as well as your albums, instruments play an important role. Do you play an instrument? How do you choose your musicians?
I played a bit of piano. Saxophone too. But playing instruments on a stage or in a studio is mostly for the pleasure of playing with someone... I like the ‘jam’ aspect between musicians. A few days ago, Scalde spontaneously came onstage to play flute over my live show; once I improvised a few minutes at the end of a concert with Bugge Wesseltoft. And I’ve made friends on stage or in the studio, like the cellist Gaspar Claus or the saxophonist Adrien Roch.
GENESIS & PROJECTS
Let’s get back to the genesis of your work.
It still seems bizarre to me to talk about it as work... I never thought I’d be living off music, making it a full time job. My future was always seemed vague to me and it mostly seems like music chose me, not the other way around.
You started out studying film. How much do you draw on that universe in creating your music?
I don’t know... I imagine that it feeds my music, yes. But it’s unconscious.
What made you jump from electronic music fan to creator?
Just the desire and the need to create, I think... Electronic machines ended up being the best tool for me.
Have you or would you like to do soundtracks for films?
Yes, I composed the music for the film “La Femme à Cordes”, directed by my friend Valdimir Mavounia-Kouka. I worked on it with Gaspar Claus and Eloïse Decazes, the singer from the band ARLT. It was a really great experience that I’d like to repeat, yeah!
How would you suggest that guys who make music get themselves heard?
I would suggest that they concentrate on their music. If it’s interesting, things will work out naturally by meeting the right people.
To end it off, we’re going to play “Would you rather...” Would you rather play live or a dj set?
Live. More exciting.
Would you rather dance or get drunk?
Both!! And at the same time if possible... :))
☛ Rone : "Bora" (Vocal) feat. Alain Damasio by tOmaz tmz



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