Files - NAME FESTIVAL

Texte Carine Lucas - Date 23 Septembre 2011

L’arrivée de l’automne sonne la fin des festivals. Fini les copains, bière à la main, les yeux fermés à flâner, s’épandre et hurler devant une flopée d’artistes. Pour ne pas déprimer et clôturer les festivités, le WAD s’est rendu dans le Nord à l’occasion du Name Festival.

Instigué par le collectif Art M, ce festival de musiques électroniques est devenu un rendez-vous incontournable dans le milieu. Line up pointu et hétéroclite, lieu complètement fou et orga pointilleuse, tout est là pour assurer au public un week-end de fête incroyable. Tout récemment endeuillé par la disparition de Dj Mehdi (une des têtes d’affiche), le festival a su offrir une édition à la hauteur de sa réputation, mêlant émotion et représentations que l’on donne déjà comme anthologiques. Récit.

Débarqués à Lille le samedi (on a loupé la nuit de vendredi), on se rend sur le site de la Tossée de Tourcoing. Ancienne friche désaffectée, le lieu nous embarque dans un décor underground qui oscille entre un squat de teuffeurs berlinois et un repère de grosses soirées techno à Manchester. Renversant.

Emmitouflé sous de fiévreuses parkas, on se fraye un chemin jusqu’à Rone. Sous un set ouaté, la foule se détend, se dérobe et finit par se mouvoir nonchalamment. Dès les premières notes de Bora, la voix d’Alain Damazio se voile d’un puissant sédatif qui électrise la foule. Comme reposés, on trépigne à l’arrivée de Carl Craig et de son acolyte pour 4h, Luciano. Les saxos s’emballent, les montées s’enchainent, le public s’affole et les mains ne cessent de s’élever. Mais les gars, on a quatre heures à vivre avec vous. On revient. Sous les voutes industrielles, l’odeur de pluie, la gadoue collée aux pompes, on s’offre un aller-retour dans le Berlin Est d’Ellen Allien. On décolle, l’atmosphère est aérienne, les conduits auditifs répandent un flux psychotonique affolant. On est prêt à se prendre la claque du festoche : Gesa-larixe, mais ça on vous en parlera plus tard. On retourne épuisés voir Papa Carl avant de se finir avec la techno sombre et moite de Radio Slave en versus inédit avec APM001.

On sort, il pleut toujours, mais putain qu’est ce qu’on se sent bien.

On reviendra chez vous, c’est sûr.

The arrival of fall signals the end of the festival season. Gone are the days of standing amongst friends, beer in hand, eyes half closed, jostling and shouting in front of a jumble of artists. To offset the depression after the fun, WAD went north, to the NAME Festival.

Founded by the collective Art M, this festival has become an essential part of the electronic scene. With a carefully selected but multifarious lineup, insane location and meticulous planning, everything aligned to offer the crowds an incredible party weekend. The recent passing of Dj Mehdi (who was meant to headline) cast a grey cloud over the affair, but the festival lived up to its reputation, mixing emotion with performances that are already legendary. Here goes:

Arriving in Lille on Saturday (we missed Friday night), we made our way to the Tossée de Tourcoing. An abandoned industrial wasteland, the site drew us into the musical underground, landing somewhere between a Berlin party squat and a Manchester techno warehouse. Bewildering.

Stuffed into oven-like parkas, we pushed a path straight through to Rone. Wrapped up in his muted set, the crowd relaxed and gave in, moving calmly, placidly. With the first notes of Bora, the voice of Alain Damazio breathed a powerful sedative through the crowd. Coming to, we jumped on our feet for Carl Craig and his sidekick for the next 4 hours, Luciano. The saxes roared, the peaks trembled, and the crowd was whipped into a frenzy, hands constantly in the air. But guys, we’ve got four hours with you. We’ll be back. Under the industrial vaulting, with the smell of rain and mud glued to our heels, we were given a round trip through Ellen Allien’s East Berlin. We took off. The atmosphere was ethereal, the aural space filled with a disquieting psychotonic flux. We were primed to get knocked out by the best preformance of the festival, Gesa-larixe, but more about that later. Exhausted, we headed back to Papa Carl before finishing with the dark and heavy sound of Radio Slave, with his unreleased APM001 mixes.

We left. It was still raining, but damn, did we feel good.

One thing is certain: we’ll be back.

 

Catégorie: Music