Files - MICHAEL KAMPE : ''Amsterdam is a great city for denim''

Texte Sophie Belin - Date 1 Aôut 2012

Chaque jeans et manteau de sa collection est conçu dans un petit lieu de production en Belgique et tous les traitements sont assurés par lui-même. Ainsi, chaque pièce est unique.

Tu vis à Amsterdam, cette ville t'inspire-t-elle ?

Oui, bien sûr ! Je pense que cette ville a un vrai potentiel créatif, mais malheureusement je suis souvent trop occupé pour pouvoir aller aussi souvent que je le voudrais à des expos, des galeries ou des concerts. Comparée à des villes comme Berlin ou Londres, Amsterdam est une ville assez petite et on peut donc se déplacer partout à pied ou à vélo.  

Que penses-tu de la mode dans cette ville ?

Amsterdam est une ville vraiment géniale pour le denim, on pourrait presque l'appeler "La ville du denim". Beaucoup de marques sont installées ici. Il y a vraiment une force commerciale comparée à Anvers qui est selon moi la ville de l'avant-gardisme.  

Tu as travaillé chez Diesel. Est-ce que cela t'a apporté quelque chose  ?

Oui, énormément. C'était une très bonne expérience surtout que je n'avais pas fini mes études à cette époque là, j'entrais en 3ème année à Anvers et j'ai travaillé avec une des plus grandes marques du marché. C'était incroyable de voir que mes idées étaient appréciées et qu'on me donnait beaucoup de liberté quant à la création.

Quand as-tu voulu devenir créateur de mode et pourquoi ?

J'avais 18 ans et je devais suivre des cours de stylisme dans mon école d'art. Je n'ai jamais pensé que ça allait me plaire parce que c'était trop superficiel et extraverti à mes yeux. Mais dès que j'ai dessiné mes premiers croquis et vu le vêtement comme un objet d'invention je ne me suis plus arrêté. Depuis, je ne cesse d'imaginer des vêtements et j'essaye de trouver de nouveaux moyens d'interpréter des images loin de la mode mais plus proche de l'art, de la musique, d'une senteur ou d'une coupe et d'en faire des vêtements et des matières.  

All the jeans and coats from its collection are made in a little production site in Belgium where he made all the treatments himself. Therefore each clothe is unique.

You are living in Amsterdam, does this city inspires you? Yes!

I definitely believe it has its creative potential, unfortunately I am most of the time very busy so cannot make it as often as I wish to exhibitions, galleries, concerts etc... Compared to cities like Berlin or London it is still very small and you can get everywhere by bike or by foot.

What do you think of fashion there? 

Amsterdam is a great city for denim, not to call it "The City of Denim". So many brands are based here. I see its strength in commerciality compared to Antwerp which is to me the best city in the world when it comes to Avantgarde.

You worked for Diesel. Did you get anything out of it?

A lot. It was a great experience and especially for me as I did not finish my studies by then and started after my 3rd year of my studies in Antwerp to be directly with one of the biggest brands in the business seeing that my ideas were appreciated and a lot of creative freedom was given in my hands was amazing to explore.

When did you fancy being a fashion designer? Why? 

I was 18 and had to follow fashiondesign in the artcourse I was following in school. I never expected to like it because it seemed so superficial and extrovert to me before, but the moment I drew my first lines and thought in garments as products that I can invent I could not stop anymore. Since then I constantly imagine clothes and try to find new ways to interprete images far from fashion like art, music, scents and shapes into garments and fabrics.

Que préfères-tu dans ce métier ?

J'aime la possibilité de lier innovation et commercialisation. Copier les idées des autres n'est pas une solution, c'est une faiblesse qu'il faut à tout prix éviter. Tous les croquis, les détails et les vêtements doivent avoir une raison d'être, une fonction. Pouvoir lier un produit à l'art moderne montre bien le potentiel de la mode à refléter la société, et montre aussi comment nos caractéristiques se développent en fonction du temps et de l'environnement.  

As-tu planifié de réaliser une collection femme ?

J'y travaille en ce moment même. Mais je trouve les collections homme plus excitantes car il y semble y avoir moins de place pour oser de nouvelles coupes, des volumes extrêmes et une conception plus proche de la haute couture. Mais le prêt-à-porter pour femmes reste également intéressant car je travaille autour de personnages que j'ai envie de créer et qui représentent la femme selon moi.

Quelle est ta pièce forte ?

Mes collections sont créées de manière à ce que les pièces sculpturales représentent un concept pour chaque saison. Je travaille depuis des années sur des techniques de déconstruction sculpturale et je réinvente ainsi des vêtements de la vie quotidienne tels que des jeans à 5 poches, des pulls ou encore des parkas. Ces vêtements plus portables sont dérivés des pièces phares de la collection, ce qui renforce le concept global. 

Pourquoi assures-tu toi même le traitement de jeans ? Le mode industriel ne te convient pas ?

Je travaille constamment sur de nouveaux traitements: des techniques écologiques qui n'utilisent pas d'eau. Je travaille sur chaque jeans avec mes propres mains, je sculpte les fibres avec de la vapeur, puis je les gèle, je retisse certaines parties et j'essaye des enduits, des imprimés, des broderies et plusieurs teintures pour arriver à un résultat unique et intense. Toutes ces étapes rendent chaque pièce trop personnelle et unique pour qu'une blanchisserie puisse les copier. De plus, je n'aime pas l'allure et l'idée en général des vêtements usés de manière artificielle. Chaque vêtement devrait être en communion avec celui qui le porte. Ils représentent des personnages. Les imprimés inspirés de la nature sont très présents dans ma collection car ils le sont aussi dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. On perd de plus en plus notre dépendance à la nature et à l'environnement, la croyance dans nos propres talents. 

Comment fais-tu pour trouver du temps libre entre ta collection perso et celle de la société basée a Amsterdam ? Que fais tu pendant ton temps libre ?

Pendant mon temps libre, je travaille sur différents concepts théoriques, sur des projets créatifs et je prépare des cours car je suis enseignant dans des ateliers. Le but étant de travailler au contact des étudiants, pour stimuler leur créativité et leur apprendre des techniques pour traduire leurs idées en produits commercialisables. 

What do you you prefer in this job?

I like to see the room for innovation and commerciality. Copying others ideas is not a solution, it is a weakness that needs to be prevented. Behind every sketch, detail and garment needs to be a reason, a functionality. Linking the product to modern art represents fashion´s potential to reflect society's movement and how our characteristics are developing depending on time and environment.

Have you planned to do a womenswear collection?  

On it. Menswear still is more thrilling to me since it seems that it leaves less space to dare new shapes, extreme volumina and a direction closer to haute couture, but also Womenswear became interesting again to me working around the characters that I want to create representing my woman.

What is the key clothe of the collection? 

My collections are built up in a way that strong sculptural showpieces represent each season's concept, while everyday life garments such as Denim 5 Pockets and sweatshirts, Parkas etc. are reinvented by sculptural deconstruction techniques that I am developing since years. These wearable garments are derived from the showpiece, reinforcing the entire concept.

Why do treat the jeans yourself? Don't you like the factory-made way? 

I am constantly working on new treatments. Environment- friendly techniques using no water, working on each pair with my hands, sculptor the fibers with steam, freezing them, reweave parts, experiment with coatings, prints, embroidery and several dyes to achieve the strongest, unique result. These steps are making every piece too personal and individual that it is impossible for a laundry to copy this. Besides I do not like the look and in general the idea behind artificially worn- in clothes. Each garment should be in communication with its wearer. They represent our character. Prints inspired by nature are therefore a very important part of my collection as well since in the speed of the world we are living in today we keep losing our dependance on nature and environment, the belief in our own talents.

Do you manage to have free time between your own collection and Amsterdam-based company? What do you do in your free time then? 

In my free time I am working on different theoretical concepts and creative projects and prepare lessons for the workshops I am teaching. The intention in these lessons is that I am working closely with the students, stimulating their creativity and show up techniques how to translate their ideas into commercial products.

michaelkampe.com

 

 

 

Catégorie: Fashion