Files - MARC NEWSON, THE DESIGN MAKER

Texte Thibault Kunz - Date 26 Septembre 2011

Photo : Jan Buus

Marc Newson, designer touche-à-tout, mais surtout hyperactif, nous a accordé un peu de son temps depuis son studio londonien.

WAD : L’interview se faisant par mail, où êtes-vous ? Dans quel contexte (Travail, vacances, escale…) ?

MARC NEWSON : Je suis au travail – Dans mon bureau au studio… Où Patsy, mon attachée de presse, vient juste de me trouver.

D’où vous est venu l’envie de faire du design ?

Je n’ai pas commencé par le métier de designer – mais depuis tout gamin, je m’intéresse à la manière dont les choses sont faites. J’avais l’habitude de démonter mon vélo ou ma petite voiture à roulette puis de les assembler. Je me souviens avoir fait une montre avec un peu de plexiglas une fois. Puis je suis allé en école d’art où j’ai étudié la bijouterie ; l’orfèvrerie principalement ; parce qu’ils m’apprenaient comment utiliser les outils et c’est vraiment ce qui m’intéressait.

La pièce que j’ai présenté pour mon diplôme était une chaise – J’ai persuadé mes tuteurs qu’au même titre qu’un bijoux classique, c’était « porté » près du corps.

Vous avez beaucoup voyagé, habité sur différents continents, j’image que toutes ces cultures différentes ont du beaucoup vous inspirer ? Une en particulier ?

Je dirais le Japon – j’y ai passé beaucoup de temps et j’adore. Le mélange des traditions anciennes et modernes est totalement. C’est magnifique et ils ont une sensibilité esthétique extraordinaire qui m’a profondément inspirée.

J’ai lu que vous aviez une femme et deux enfants. Comment alliez-vous vie de famille et voyages pour votre travail ?

Ma femme se déplace autant que je le fais pour mon travail – donc c’est fou ! Nous essayons au maximum d’être ensemble le week-end et nous prenons de longues vacances d’été.

Marc Newson, jack of all trades, but mostly hyperactive, offered us a little of his time, live from his London studio.

The interview is by mail, but tell me, where are now when replying those questions? In what context (work, vacation...)?

I am at work – In the studio, in my office… Where my press person, Patsy, has just found me.

How did you get the urge to be a designer?

I didn’t start out to be a designer – but I have always made things and been interested in how things are made – ever since I was a child. I used to always be taking apart my bicycles and go-karts and putting them back together and I remember that I made a watch out of a bit of Plexiglas. I went to art school and studied jewellery making, silversmithing– mainly because they taught me how to use tools and that was what interested me – how I could use different tools.

My final piece for my degree SHOW was a chair – I managed to persuade my tutors that it was a valid piece of jewellery, as it would be ‘worn’ close to the body.

You have travelled a lot, lived on different continents; I guess that all these different cultures inspired you a lot? What continent, or cultures inspire you the most?

I would have to say Japan – I have spent a lot of time there and I love it. The mix of the ancient traditions and the totally whacky modern – living respectfully side-by-side is wonderful. They also have a tremendous aesthetic sensibility.

I read that you had a wife and two children. How do you match between your family life and having to travel a lot for your work?

My wife travels for her work just as much as I do – so it is crazy. We try always to be together at the weekends and have a long holiday in the summer. 

Photo : Image Courtesy Gagosian Gallery

Photo : Fabrice Gousset

Photo : Fabrice Gousset

Vous avez un palmarès impressionnant : vous avez été élu l’une des 100 personnes les plus influentes du monde par le Time, vos œuvres sont exposées au MoMa à New York ou encore au centre George Pompidou à Paris, vous êtes aussi l’un des designers les plus vendu sur terre... Qu’est-ce qu’on ressent quand on voit que son travail est tant apprécié dans le monde ?

Je pense que c’est justifié... Et je me sens plutôt perplexe.

Mode, yachts, meubles, objets, avions… Vous n’avez donc pas de limites. On parle d’ailleurs d’un projet de navette spatiale ?

Je conçois effectivement une navette spatiale pour Astrium, filiale du groupe EADS – depuis 2007. Il s’agit d’un jet qui décollera, comme tout avion, depuis la terre, mais une fois l’altitude d’environ 12km atteinte, les moteurs de fusée seront mis à feu afin de donner une accélération suffisante pour atteindre les 60km. Le système de propulsion de fusée sera alors fermé, et comme pour le principe d’inertie sur un bateau, le portera à 100km, où les passagers pourront faire l’expérience de la gravité zéro pendant 3 min – flotter en apesanteur dans l’espace en étant témoin de la vue la plus spectaculaire de la terre que l’on puisse imaginer… Je compte bien être sur l’un des premiers vols !

Vous travaillez régulièrement avec G-Star, pouvez-vous nous en dire plus sur cette collaboration ?

C’est une collaboration vraiment agréable. En fait, je suis un grand admirateur de G-Star – principalement en raison de son PDG, Jos Van Tilberg, qui fonctionne avec vision, enthousiasme et énergie. C’est une société ultra dynamique. Je n’avais jamais travaillé dans l’industrie de la mode et cette collaboration a été une expérience très intéressante car dans ce milieu, tout est très rapide. Dès que je voulais un échantillon, je pouvais l’obtenir, juste comme ca. Alors que dans le design industriel, certains projets peuvent prendre des années !

 

Credits : Courtesy of Marc Newson Limited

Pouvez-vous nous parler de vos projets en cours ?

Je travaille sur beaucoup de conceptions différentes – Un lit superposé pour Magis, un téléphone mobile et une caméra pour deux sociétés japonaises, un jet d’affaires, des travaux en cours dans l’aéronautique pour Qantas, d’autres travaux avec Dom Pérignon et Jaeger-LeCoultre, le design du nouvel an de Sydney, des travaux avec SMEG et MAGIS… Les autres sont encore trop confidentiels à ce stade pour en parler. En début d’année paraitra aussi une monographie Marc Newson chez Taschen.

Quelle est la plus grande fierté de votre travail ? Votre pire réalisation ?

Pour le moment, je suis fier de tous mes travaux. Il n’y a pas un projet qui m’ait déçu – même si bien sûr, certains sont plus faciles que d’autres à réaliser.

Mais je dois dire que l’A380 de Qantas est probablement le projet le plus difficile – vu l’envergure du projet – et une occasion rare et fabuleuse de pouvoir créer tout à partir de zéro : cabines, sièges, toilettes, poignées, éclairage… Tout sur l’avion, des roues jusqu’aux couverts.

You have an impressive track record: you have been elected one of the 100 most influential people in the world by Time Magazine, your works are exhibited at MoMA in New York or George Pompidou’s centre in Paris, you are also one of designers with more sells on earth ... How do you feel when you see that your work is so appreciated in the world?

Somewhat vindicated…and rather bemused.

Fashion, yacht, furniture, aircraft ... It seems that you have no limits. I heard about a space shuttle’s project, could you tell me more about this?

I designed a spaceplane for EADS Astrium – back in 2007. It is a jet, which will take off, and land conventionally, but once an altitude of about 12km is reached, the rocket engines will be ignited to give sufficient acceleration to reach 60km. The rocket propulsion system is then shut down, as the ship’s inertia will carry it to over 100km where passengers will experience 3 minutes of zero gravity – floating weightlessly in space whilst witnessing the most spectacular view of earth imaginable… I aim to be on one of the first flights.

You've been working with G-Star since 8 years; can you tell us more about this collaboration?

It has been a very enjoyable collaboration. I am a huge admirer of G-Star – mainly because of its CEO, Jos Van Tilberg who runs it with vision, enthusiasm, and energy. It is a super dynamic company. I have not worked in the fashion industry and this collaboration has been an interesting experience for me because fashion is so fast – when I want samples – I get them – just like that. In industrial design – some projects can take years to complete.

 

 

 

 

 

 

 

Can you tell us about your current projects?

I am designing various things – BUNKY – a bunk bed for MAGIS, a mobile phone for a Japanese company, a camera for a Japanese company, a business jet, ongoing work in the aviation industry for QANTAS, More work with Dom Perignon and Jaeger-leCoultre, Designing this year’s Sydney New Years Eve event, on-going work with SMEG and MAGIS. Other work is too confidential at this stage to mention. There will be a Marc Newson Taschen monograph coming out in the New Year.

What is the work you're the most proud of ? Your worst?

I am proud of all my work actually. There isn’t one project I have been unhappy with – although of course, some are easier to give birth to than others.

I have to say that the Qantas A380 was probably the most challenging project – it was a massive project – and a rare and fabulous opportunity to create everything from scratch, cabins, seating, toilets, handles, lighting… everything on the aircraft, down to the cutlery. 

Credits : Courtesy of Marc Newson Limited

 

A qui pensez-vous si je vous dis :

Un chanteur ? Karen Carpenter

Un peintre ? Yves Klein

Un acteur ? Ken Watanabe

Un styliste ? Azzedine Alaïa

Une marque de joaillerie ? Boucheron

 

Quelque chose que vous aimeriez dire pour conclure cette interview ?

... BACK TO WORK !

 

Who do you think about if I tell you:

A singer? Karen Carpenter

A painter? Yves Klein

An actor? Ken Watanabe

A fashion designer? Azzedine Alaia

A jewellery brand? Boucheron

 

Something you would like to say to conclude this interview?

… BACK TO WORK!

Catégorie: Designer - Tags: Marc Newson, Wadmag