Files - Light Diffraction by Christine Phung

Texte Hélène Brunet-Rivaillon - Date 29 Octobre 2012

Malgré leur ultra féminité, on repère, dans les silhouettes de la première collection de Christine Phung, des pièces empruntées au vestiaire masculin. La combinaison ingénieuse de chemisiers angéliques à col malicieux, de drapés kimono et de plissages évoquant l’origami, de prints super pop et de patchworks bariolés, situe les looks de « Light Diffraction » quelque part entre ceux d’une Colombine et d’un Arlequin hyper contemporains. Diplômée de l’école supérieure des arts appliqués Duperré et de l’Institut Français de la Mode, la créatrice à travaillé pour de nombreuses maisons (dans le cadre de son apprentissage puis en tant qu’indépendante) avant de lancer sa marque éponyme cet automne chez Centre Commercial (Paris 10ème) : Vanessa Bruno, Chloé, baby Dior, Kenzo, S. Rykiel, J-P Gaultier, Christophe Lemaire, Lacoste, Veja, H.O.M.E.C.O.R.E., Rossignol etc. Lauréate du Grand Prix de la Création de la ville de Paris en 2011 et finaliste du Mango Fashion Awards il y a quelques semaines, elle signe une collection femme complète en série limitée (robes, jupes, chemisiers, manteaux, minaudières, chaussures made in Europe avec Marion Hanania etc) et travaille la soie (chutes de maisons de luxe), le cachemire, la laine (labellisée « Fibre Citoyenne ») et le cuir (écologique) en recourant à des techniques artisanales traditionnelles. Le design tonique et le colorama roboratif de ce premier opus, résultat d’une réflexion sur la lumière, tombe à pic en pleine saison morne. Rencontre avec une créatrice qui rayonne. 

 

Despite their ultra femininity, we can spot, in the silhouettes of the Christine Phung's first collection, pieces borrowed from the male dress code. The ingenious combination of angelic blouses with roguish collars, of kimono drapes and pleating textiles evoking the origami, of super pop print and multicoloured patchwork, places the looks of "Light Diffraction" somewhere between those of hyper contemporaries Columbine and Harlequin. Graduated from the Duperré School of Art and the French Institute of the Fashion, the designer worked for numerous Maisons (during internships or as a free-lance professional) before launching her eponymic brand this fall at Centre Commercial (Paris 10th district): Vanessa Bruno, Chloé, baby Dior, Kenzo, S. Rykiel, J-P Gaultier, Christophe Lemaire, Lacoste, Veja, H.O.M.E.C.O.R.E., Rossignol etc. Prize-winner of the “Grand Prix de la Creation de la Ville de Paris” in 2011 and finalist of the “Mango Fashion Awards” a few weeks ago, she signs a complete collection for women in limited edition (dresses, skirts, blouses, coats, bags, shoes made in Europe with Marion Hanania etc.) and she works the silk (scrapes of luxury brands), the cashmere, the wool (certified "Fibre Citoyenne") and the (ecological) leather by using traditional craft-made techniques. The tonic design and the dynamic colorama of this first opus – which results from a reflection on the light – are perfect to face this sad season. WAD met a creator who definitely shines.

WAD : Quelles sont tes sources d'inspiration ?

 

C.P. : Je m'inspire de l'architecture et du design, avec leurs nouveaux vocabulaires de formes issues des nouvelles technologies.  Et également des couleurs, des lumières, des paysages et des émotions rencontrés lors des voyages que je fais au bout du monde. Et aussi des décalages sensoriels et poétiques de l'art contemporain.

 

WAD : Qui aimerais-tu voir porter tes collections ?

C.P. : Sofia Coppola, Lou Doillon, Alexa Chung, Anja Plaschg (la chanteuse de Soap & Skin) et Dorothée Hannequin (la chanteuse et compositrice de The Rodeo)

 

WAD : Quel est le commentaire qui t'a le plus touchée sur cette première collection?

 

C.P. : Cela m'a touché quand une inconnue m'a dit: "je connais ton travail depuis longtemps et j'adore, ton manteau me fait me sentir encore plus femme et forte, merci beaucoup".

 

WAD : Quelle est ta définition de la mode?

 

C.P. : Le style, pour moi, se définit comme une élégance naturelle extracorporelle, transcendant et sublimant le corps. Une sorte de double aura, à la fois protection et narration de soi. Une sorte de trace visuelle énergétique qu'on laisserait dans l'air et dans les mémoires comme un parfum hypnotisant.

 

WAD : Où peut-on trouver les produits Christine Phung?

 

C.P. : Dans le concept-store, très cool, qui s'appelle "Centre Commercial" au 2 rue de Marseille, 75010 Paris, près du Canal Saint-Martin. Ce magasin fondé par la team de Veja réunit des belles marques qui ont un engagement éthique, social ou local.

WAD : Where do you find you inspirations ?

 

C.P. : I am inspired by the architecture and by the design, with their new vocabularies of shapes stemming from new technologies. And also colors, lights, landscapes and feelings met during my trips all over the world. And also by the sensory and poetic gaps of the contemporary art.

 

WAD : Who would you like to see wearing your collections ?

C.P. : Sofia Coppola, Lou Doillon, Alexa Chung, Anja Plaschg (the singer of Soap & Skin) et Dorothée Hannequin (the singer and writer of The Rodeo)

 

WAD : What is the comment on this first collection which most made you happy?

 

C.P. : I was really moved when an unknown woman told me: "I know your work for a long time and I adore it, your coat makes me feel even more woman and strong, thank you very much ".

 

 

WAD : What is your definition of fashion?

 

C.P. : The style, to my mind, is an extra physical and natural elegance, transcendent and sublimating the body. A kind of double aura, which is at the same time a protection and the story of someone. A kind of visual energy that we would leave in the air and in the memories, as a hypnotic flavor.

 

WAD : Where can we find the Christine Phung’s collections ?

 

C.P. : You can find them in the very cool concept store called « Centre Commercial » (2 rue de Marseille, Paris 10ème, close to the Canal Saint-Martin). This store has been created by the Veja team and it gathers nice brands which all have an ethical, social or local dimension. 

 

Texte: Hélène Brunet-Rivaillon

Crédits Photos: Barbara Bouyne

Catégorie: Art