Files - LENAKLAX

Texte Marie Dorst - Date 21 Juillet 2011

C'est à Londres que Miss Klax découvre le monde du bijou. Expatriée outre-Manche pendant cinq ans, elle bosse dans un bar au coeur de Clerkenwell, quartier des diamantaires. Un jour, un de ses clients, le créateur Shaun Leane, débarque avec McQueen, pour qui il réalise les lignes de bijoux. Il l'invite à venir voir comment se passe la conception des collections. S'il s'agit de joaillerie, nous sommes chez McQueen et l'approche est complètement barrée. Elle en ressort toute chamboulée.

De retour à Lille, elle n'a plus que les bijoux en tête. Une de ses copines vend dans sa boutique les créations d'Irina Volkanski, et propose de filer ses contacts. Bingo, elle décroche un stage et bosse auprès d'elle pendant un an. Là encore, l'approche du bijou est hors-normes. Des assemblages de matières, couleurs, objets improbables, et beaucoup de pièces uniques, dont Léna s'occupe. Leur relation est d'amour et de haine. Aussi folle que géniale, Irina la pousse constamment à bout pour qu'elle se dépasse. Pendant un an, elle apprend, et découvre l'autre aspect de la création : les salons, le business. Mais de cette expérience elle tirera surtout une leçon : la folie peut être un atout.

À ce moment là, elle n'a encore à son actif que quelques pièces bidouillées dans sa chambre. Rien de très sérieux, jusqu'à ce qu'un souci de santé la cloue au lit. Devant elle, du temps. Beaucoup de temps. Qu'il va falloir occuper si elle ne veut pas devenir dingue. C'est le moment ou jamais. Elle s'équipe. Perceuse, résine, silicone, pigments. Elle ressort aussi de vieilles chaînes en laiton dégottées sur une braderie. Petit à petit, grâce à des tutoriaux trouvés sur le net, elle commence à mouler. Puis à colorer. Elle donne naissance à sa première tête d'ours, la monte sur chaîne, et crée son premier collier. Encouragée par ses potes qui trouvent ça génial, elle se lance, et crée Lénaklax en décembre 2009.

Miss Klax discovers jewelry in London (of course!). The British expat therefore waits tables for no less than 5 years in a bar located in the middle of Clerkenwell, the diamond cutters district. One day, one of her clients, designer Shaun Leane, comes in with McQueen himself, to start working on his new jewelry line. He invites her to check out the collection’s conception: yes we’re talking about jewelry but it’s still McQueen’s world and the approach is therefore outrageously uncommon. What had to happen… happened: she came out transcended by what she saw.

When she comes back to Lille the only thing she has in mind is jewelry. One of her friends sells Irina Volkanski’s creations in her boutique and proposes to give out her contact. Here we go, she’s hired by Mrs Volkanski for an internship that lasts a year. She’s once more surrounded by unique and unconventional creations :  Lena takes care of assembling materials, colors, unlikely objects and another lot of unique pieces of jewelry. Irina, who’s as mad as she is great, keeps pushing her so that she works harder and goes beyond what she thinks she’s capable of doing. During a whole year she learns and discovers another aspect of jewelry creation: business and trade shows.

 At this point she only has a few home-made twisted pieces in her room. Nothing serious until a health problem ties her up to her bed. What henceforth lies ahead of her is time, lots and lots of time she needs to fill up if she doesn’t want to go crazy. It’s now or never: drill, resin, silicone, pigments. She gets to work (go girl!). She even brings out some old brass chains she found on a street market and slowly starts to mold thanks to some tutorials posted on the internet. After that, she starts to color up and finally gives birth to her first bear head she hangs up a chain, therefore creating her first necklace. Supported by her friends who think she really has a magic touch, she goes for it and sets up her own jewelry brand: Lenaklax is born.

En Janvier 2010, sélectionnée par le concours du Who's Next Blog, elle signe ses premières commandes. Quatre jours de folie qui lui donnent confiance et lui font croire en son projet.

Ses bijoux sont d'ailleurs pour elle comme des talismans. Marquée à vie par un rêve complètement dingue ; où sur une plage au petit matin, vêtements déchirés et bras cassé, elle est endormie sur un lion avec une armée d'ours polaires qui les protègent ; elle fait de ces animaux des symboles.Quant au gorille de la collection « Rumble in the Jungle », il incarne le conflit, l'agressivité. Un hommage au célèbre match de boxe opposant Mohammad Ali et Georges Foreman à Kinshasa, 1974 ; mais aussi et surtout à son père, qui lui racontait.

Car Lénaklax, c'est avant tout un exutoire pour cette autodidacte. Un défi personnel, intimement lié à son vécu. Des animaux moulés dans la résine et montés sur chaîne bling-bling comme fenêtre ouverte sur l'humain, ses émotions et ses démons. Mais c'est aussi une marque qui flirte avec le monde, de Hong-Kong à Philadelphie en passant par Bilbao, Anvers et Paris. Un coup de pied au cul du monde guindé du bijou.

Nominated by the Who’s Next Blog contest, she delivers her first commissions in January 2010: four madly hard-working days that comfort her in the idea she can get somewhere.

Her jewels are like talismans to her. A strange dream she once made left its mark on her for life: she’s on a beach at dawn, her clothes are torn apart and her arm is broken, peacefully sleeping on a lion’s back surrounded by an army of polar bears protecting them; she made a symbol out of those animals to express her creativity. As for the gorilla from the “Rumble in the Jungle collection, he portrays conflict, aggressiveness: a tribute to the famous fight “Mohammad Ali vs Georges Foreman” in Kinshasa in 1974, but most of all to her father who used to tell her about it.

Since Lénaklax is mainly an outlet for this self-taught artist, a personal challenge intimately linked to her life: molded animals in resin attached to pompous chains as an opened window on human beings; our feelings and our anguished fears. This brand also flirts with the whole wide world, from Hong-Kong to Philadelphia passing by Bilbao, Antwerp and Paris. I guess we could say it’s a big fat jewel kick in the world’s ass.

Photos par K-Poon Dubus / Photos by K-Poon Dubus

Catégorie: Fashion