Files - Angus Stone: I like to think that romance is in everything we do

Texte Thomas Renard - Date 24 Octobre 2012

À l'occasion de sa tournée européenne, Angus Stone nous a reçus dans son hôtel parisien pour parler de son nouvel album. Plus intimiste, ce premier opus solo amorce surtout une tournée française début 2013 (dont probablement une Cigale). Interview.

Tu as beaucoup voyagé pendant la composition de cet album. Quel a été l’endroit qui t’as inspiré le plus ?

C’est assez dur à dire. On a joué pendant un festival sur le sommet d’une colline en Suisse, c’était impressionnant. Il y avait une clairière au sommet de la montagne et une forêt de pins tout autour de la scène. La vue de la ville en dessous était incroyable. Ça a été un moment très spécial pour moi.

Ton nouvel album représente une maisonnette perdue dans la nature. C’est une photo personnelle ?

Toutes les familles ont des étagères pleines d’albums de photos d’enfance. Je me souviens d’un en particulier, celui de mon père. Chaque fois que je tournais les pages, je tombais sur cette photo qui m’a toujours beaucoup inspiré. Une fois mon album terminé, c’était comme si cette photo était faite pour figurer sur la cover.

Tu as ton propre style (barbe fournie, vêtements de bohéme). Tu es une fashion victim ou c’est complètement naturel ?

Je voyage beaucoup et j’adore les friperies vintage. J’aime les vêtements qui ont du caractère et les porter toujours avec moi, où que j’aille. J’aime surtout les assembler pour composer mon style. En fait, j’aime quand les vêtements sont déjà un peu usés. C’est comme si tu pouvais sentir et voir la personne qui les portait avant. Ces fringues ont une histoire et je trouve ça plutôt romantique.

Tu as l’air d’être un solitaire. Tu aimes quand même être en tournée ?

J’aime ma propre compagnie et j’aime bien être tout seul. Mais c’est comme le yin et le yang : j’aime être en tournée, rencontrer des millions de personnes intéressants, découvrir des villes, des régions, des pays complètement différents et juste après, souffler un peu pour mieux me retrouver. C’est entre ces deux extrêmes que j’existe.

As Angus Stone started his European tour, we interviewed him in his Parisian hotel in order to talk about his new album. A bit more intimist, this first solo album also involves a French tour starting from february 2013 (and probably at la Cigale). Interview.

You travelled a lot during the writing of this album. Which was the most inspiring place you went to?

It’s hard to put you a finger on the most beautiful I went to. We played at a festival up in the hills of Switzerland and it was pretty amazing. There was a crown at the top of the mountain and a pine forest leaning over where the stage was. It was quite beautiful to see the whole city below you. For me it was a pretty special moment.

What about the cover of your album. Is it a personal picture?

Every family has a bookshelf full of photo albums from when they were young. And one in particular was dad’s album from when he was a kid. Every time I flip to this page, I would see this picture that he took of this house and it has always resonated with me. When this album was complete it seemed like this photo was fitted to be so I put it on the cover.

You’ve got your own style (strong beard, bohemian clothes), are you a fashion freak or is it a natural behaviour?

I travel a lot and I like shopping in vintage shops. I like to find things with character and I carry them all around the world with me. I like to wear them in my style. I like things a little fucked up. It looks like someone you can feel and see the person who was wearing it before. There’s a story within. I like to romanticize with that idea.

You seem to be a solitary guy. Do you like being on tour?

I think I’m good with own my company. I’m fine with being alone. I like to see a yin and a yang to what I have on the road like meeting a million different amazing people, traveling though so many different towns, cities and countries and then stepping off and being alone again, having space and air to breathe. I think in between these two worlds I exist.

 

 

Tes chansons sont plutôt nostalgiques et pleines de métaphores. Tu es du style romantique ?

J’aime l’idée selon laquelle il y a du romantisme dans tout ce que l’on fait. Si ça se concrétise, si tu ressens de l’amour et de la passion, c’est déjà une bonne raison pour te réveiller tous les matins.

Tes chansons parlent d’amour, de désirs et de perte. Es-tu amoureux ?

Je ne dirais pas que je suis amoureux. Bourlinguer un peu partout m’a appris à ne pas y penser et à laisser aller. Ne pas avoir de maison où dormir le soir m’a poussé à construire une bulle invisible où je me sens libre, très libre.

Tu adores donc voyager et être en tournée. Tu arriverais à rester quelque part pour toujours ?

J’aimerais bien mais je ferai toujours les deux. Dès que je m’arrête, j’ai envie de partir de nouveau. Quand je rentre dans ma ferme, j’ai envie d’y rester pour toujours mais je suis définitivement fait pour vadrouiller.

Ta sœur est aussi partie en Inde pour la composition de son album. Vous vous y êtes rencontrés ?

Julia m’a donné le numéro de la famille chez qui elle était restée. Je les ai appelés, j’ai un peu enregistré mais on ne s’est pas vus. C’est drôle: Julia et moi, on se trouve toujours aux antipodes mais on se retrouvera pour le Nouvel An, pour un festival en Australie.

On a interviewé Julia il y a deux semaines. Elle nous a confié qu’entamer une carrière solo l’avait faite revivre, créativement parlant. C’est la même chose de ton côté ?

Elle ment (il rit). Effectivement, c’est un peu la même chose de mon côté. Que ce soit tout seul ou accompagné, créer est quelque chose qui me fait vibrer. C’est un moyen de découvrir des choses enfouies au fond de soi et de parler de choses dont on ne parle pas d’habitude. C’est mon truc en tout cas.

 

Your songs are quite nostalgic and full of metaphors. Are you a romantic kind of guy?

I like to think that romance is in everything that we do. If you see it coming true, if you’ve that love and passion, it becomes a good enough reason to wake up.

Your songs are also about love, desire and loss. Are you in love?

I wouldn’t say I’m in love. I let go and I think being on the road is the place that you learn that the most. You don’t have a place you come home to after. It’s like an invisible shell you run everywhere you go and teaches you how to just be a bit freer.

So you like traveling, being on tour. How would you feel about staying in a place forever?

I like that idea but I’ll always like to do both. It’s like a balancing trick because once I stop, I’m ready to go again. When I go home, I have a farm and I’d like to stay there forever but I’m definitely born to travel again.

Your sister also flew to India in order to write her album. Did you two met there?

Julia gave me a number for this family she stayed with. I called them, I did some recording but we didn’t met. Julia and I, it’s funny because we just miss each other in the other side of the world but I know we’ll meet each other at a festival in Australia for New Year’s Eve.

We interviewed Julia two weeks ago and she said making music on her own was something that creatively made her alive. Do you feel the same?

She’s lying (he laughs). I feel quite the same. Whether alone or with someone, creating is something that makes my heart beat. It’s a way to discover things inside of you. I think of meditation, inventing, talking about things we don’t usually talk about. It’s cool like that.

Catégorie: Music