Files - ALBUM OF THE MONTH - LE DANSE

Texte Robin Korda - Date 14 Novembre 2011

Il y a eu beaucoup de sorties d’albums en octobre. Le retour de quelques titans de la musique, d’abord, avec certaines déceptions (M83 semble avoir perdu en chemin beaucoup de la grâce qui avait fait sa renommée, à force de gonflette aux protéines) et d’autres bons albums, dont bien sûr Audio, Video, Disco, ou encore le dernier Real Estate – dans un autre genre. Néanmoins, si un peu partout on entend énormément parler de ceux-là, et d’encore une poignée d’autres (Tom Waits, Still Corners, Loney Dear), on a trouvé qu’un petit duo, planqué là dans un coin, méritait d’être un peu mieux exposé. Il se nomme Slove, et leur premier album, Le Danse, est notre chouchou du mois.

Encore underground, donc, mais déjà encensé : parmi les quelques articles de bloggeurs qui tentent de décrire l’album, tous rendent compte de l’irrésistible addiction qu’il procurerait... On en flipperait presque. L’ensemble est en tout cas très élégant. En effet, Le Danse se distingue essentiellement par trois principaux traits : une composition soignée, une érudition classieuse et une production sexy. Sur ce dernier point, il faut dire que le duo, composé de Julien Barthe, aka Plaisir de France, et Léo Hellden, de Aswefall et Tristesse Contemporaine,  est signé chez Pschent Record – aux côtés, notamment, de Discodeine – c’est un premier petit gage de qualité.

A lot of albums were released in October. To start with, we heard from a few musical titans, although some were deceiving (M83, by beefing themselves up, seem to have lost some of the charm that made their name) along with another few good albums, including Audio, Video, Disco and the latest Real Estate – in another genre. Nonetheless, while everyone was talking about these and the rest of October’s great released (Tom Waits, Still Corners, Loney Dear), we found a duo hiding in a corner who deserve their share of this adulation. They’re called Slove, and their first album, Le Danse, is our favourite album of the month. They’re still relatively unknown, but already acclaimed: each of the bloggers who’ve tried to describe the album have expressed its irresistibly addictive power... It made us lose our minds. Almost. Either way, the whole thing is incredibly harmonious. Le Danse claims three distinguishing traits: careful composition, a sense of stylish erudition and very sexy production values. On this last point, it must be said that the duo, composed of Julien Barthe (aka Plaisir de France) and Léo Hellden (from Aswefall and Tristesse Contemporaine) is signed to Pschent Records – notably alongside Discodeine – stamping them with the mark of quality right from the get go.

Les dix tracks qui forment l’album confirment, et révèlent un bon goût sans faille. Dans la composition, d’abord, plutôt orientée indie-dance et electro-rock cultivé (on pense parfois à LCD Soundsystem, un peu), soutenue par des voix tantôt masculines, tantôt féminines, et responsable de quelques hits instantanés (le single « Flash », un tube pour les filles « j’ai-aussi-un-côté-dark-dans-le-fond-tu-sais-et-cette-chanson-elle-me-pénètre-grave »), ainsi que d’authentiques moments d’une grâce furtive, fragile mais réelle (évidemment, « DMGM », des onomatopées, quelques paroles psalmodiées en apesanteur, quelque part dans le cosmos). Mais si Slove sait s’y prendre pour faire bouger les corps, il refuse net le diktat du format commercial : en témoigne « Carte Postale », un discours halluciné, («Si t’as un plan cheval, let me know…») sur une très belle instru évolutive et dark à souhait : à en faire péter les psychotropes mon pote.

Un bon goût sans faille, donc, également appréciable dans les nombreuses références évidentes auxquelles renvoie Le Danse : sonorités noisy et grains shoegaze à la My Bloody Valentine, premier morceau aux réminiscences du premier né des Stone Roses, et réverbérations de guitares soniques qui convoquent Slowdive, période Just For a Day. Le travail fourni sur le son formel s’allie à quelques trouvailles et trifouillages sonores de haute-voltige, qui dopent souvent l’intérêt des compositions les plus faibles ; l’album s’écoute alors d’une traite. Comme dirait mon père lorsque ma mère inaugure un nouveau plat : pour un premier essai, c’est un essai de maître.

The ten tracks composing the album confirm and reveal unfailingly good taste. To begin with, the composition is oriented in the general direction of cultured indie-dance and electro-rock (it reminds us, occasionally, of LCD Soundsystem), supported by alternating masculine and feminine voices, and is responsible for several instant hits (the single ‘Flash’, a hit for the ladies, of the ‘I-have-a-dark-side-and-this-song-hits-so-deep’ type) as well as a few authentic moments of fleeting grace, fragile but real (‘DMGM’, of course, onomatopoeias, lyrics weightlessly chanted somewhere in the cosmos). Even if Slove knows how to make a body move, they outright refuse to give in to the commercial form. As witness: ‘Carte Postale’, a hallucinated conversation (“Si t’as un plan cheval, let me know...”) over an instrumental that feels beautiful, progressive and dark: even better than psychedelics, dude.

Their unfailingly good taste is equally appreciable in the evident references that echo through Le Danse: noisy tones and shoegaze threads à la My Bloody Valentine, the reminiscences of the Stone Roses’ firstborn on the first track, and the sonic guitar reverberations reminiscent of Slowdive during the Just For A Day era. The formal sound work on the album connects itself to several high-voltage sonic discoveries and manipulations, boosting interest in the weaker compositions; the album is best listened to in one go. As my father would say every time my mother cooked a new dish: for a first try, it’s a masterwork.

Catégorie: Music - Tags: SLOVE, le danse